Oise : un coup de pelleteuse prive 10 000 clients et les services d’urgence de téléphone

Une panne géante a entraîné d’importantes perturbations du 17, du 15 ou du 18 ce jeudi. Plusieurs milliers de particuliers et des entreprises ont été touchés. Les autorités, mises en alerte, assurent que cela n’a toutefois pas eu de conséquences graves.

 Ce jeudi soir, les pompiers évoquent « un retour à la normale » pour les numéros d’urgence et assurent que l’incident n’a « pas eu d’impacts particuliers pour la journée ».
Ce jeudi soir, les pompiers évoquent « un retour à la normale » pour les numéros d’urgence et assurent que l’incident n’a « pas eu d’impacts particuliers pour la journée ». Sdis de l’Oise

C'est un coup de pelleteuse malheureux dont les services d'urgence du département se seraient bien passés. Jeudi matin, pendant des travaux de génie civil réalisés à Moreuil (Somme), deux fibres optiques reliant un centre réseau d'Amiens à l'Oise ont été involontairement sectionnées.

Conséquence immédiate : 10 000 clients et nombre de services de l'Etat du département, à commencer par la préfecture, la police nationale, le Samu ou les pompiers, ont été touchés par une vaste coupure téléphonique. « Le secteur de Beauvais est principalement touché », précise dans un communiqué la direction Orange Grand Nord-Est.

« La faute à pas de chance »

« Les équipes d'Orange ont rapidement été alertées pour intervenir, assure-t-on chez l'opérateur. Qu'une coupure comme celle-là tombe sur le réseau d'urgence, c'est rarissime, c'est la faute à pas de chance ».

Si les perturbations ont pris fin en début de soirée ce jeudi, l'événement a donné du fil à retordre aux différents services d'urgence qui ont tenté d'assurer tant bien que mal la continuité de l'activité.

Le service départemental d'incendie et de secours (Sdis) a ainsi rapidement mis en place un numéro d'urgence, tout comme la police nationale. « Un numéro de secours communiqué par la préfecture et que l'on a pu diffuser avec l'autorisation du ministère de l'Intérieur », souligne Eric de Valroger, le président du Sdis de l'Oise.

Ce jeudi soir, les pompiers assurent que l'incident n'a « pas eu d'impacts particuliers pour la journée ». Le numéro à 10 chiffres a par ailleurs été désactivé.

L'opérateur va devoir rendre des comptes

Il n'empêche, la coupure a donné des sueurs froides toute la journée au sein du centre de traitement de l'alerte (CTA) de Beauvais. « On sait très bien que certains des appels correspondent à des urgences vitales et qu'une perte de temps peut avoir des conséquences dramatiques, concède le président des pompiers de l'Oise. Des explications vont être demandées à l'opérateur pour ne pas que ça se reproduise. »

« Les demandes de secours sont susceptibles de ne pas aboutir jusqu'au centre de traitement des appels, confiait-on plus tôt dans l'après-midi chez les pompiers de l'Oise. Certains appels arrivent depuis le 18, mais ça n'est pas systématique. Il faut parfois s'y prendre à plusieurs reprises. On met tout en place pour ne pas passer à côté de quelque chose. »

« Que tous les services d'urgence soient HS, c'est la première fois que ça nous arrive »

« Que tous les services d'urgence soient HS, à ma connaissance, c'est la première fois que ça nous arrive, confie un pompier expérimenté du département. Je pense surtout aux personnes âgées qui ne vont pas sur les réseaux sociaux. Même si un autre numéro a été mis en place, les gens ne le connaissent pas et ils n'ont pas tous le réflexe d'aller le chercher. Quand on appelle les pompiers, on est en panique, on n'a pas le temps de réfléchir, on agit vite, on est perdu. »

« On le subit », confie un autre soldat du feu dans une caserne où une note interne demandait aux professionnels d'assurer une permanence téléphonique en cas d'appel direct. « Ce midi, une dame a composé le 18 et ça n'a pas marché, raconte le professionnel. Comme on met le numéro de la caserne sur notre calendrier, elle a réussi à nous joindre. »

Pas question de prévoir un numéro de secours

Malgré cette journée « crispée », pas question pour autant d'engager une réflexion autour d'un numéro de secours dédié aux sapeurs-pompiers en cas de future défaillance. « Il ne faut pas de numéro bis, estime Eric de Valroger. Cela risquerait de perdre les gens. »

De son côté, la police nationale a elle aussi renvoyé toute la journée vers le numéro de Police secours (03.44.06.10.60), « uniquement pour la commune de Beauvais ».

« J'ai pensé d'abord aux femmes victimes de violences »

Ce jeudi, le 17 a été le dernier numéro d'urgence à être remis en service vers 19 heures, précise Orange. « J'ai pensé d'abord aux femmes victimes de violences, souffle un policier oisien. Il y a certes un numéro dédié mais leur réflexe c'est d'abord d'appeler le 17, de vite donner l'adresse à la police et se mettre à l'abri. Si elles n'ont personne, que ça sonne enfin au bout de 10 minutes… »