Oise : prison ferme pour le dealer qui voulait « jouer aux grossistes » sur Snapchat

Condamné par le tribunal de Beauvais ce vendredi, l’homme de 22 ans utilisait le réseau social pour faire la promotion du cannabis qu’il vendait. Son «homme de main » a, lui, écopé d’une peine avec sursis.

 Le jeune homme aurait écoulé 200 grammes de cannabis par semaine.
Le jeune homme aurait écoulé 200 grammes de cannabis par semaine.  LP

Il a voulu « jouer », il a perdu. Ce vendredi, un homme de 22 ans a été condamné par le tribunal de Beauvais à une peine de deux ans de prison, dont un avec sursis, pour avoir organisé un trafic de cannabis et de cocaïne à Chaumont-en-Vexin et ses alentours. Un complice âgé de 21 ans et considéré comme son homme de main a quant à lui écopé d'un an avec sursis.

L'histoire commence à l'automne 2020 quand les gendarmes reçoivent un témoignage désignant un certain « Tarek » comme étant à la tête d'un trafic dans le secteur de Chaumont-en-Vexin. Tarek - ou Charles pour l'état civil- est connu des militaires qui décident de le mettre sur écoute. Sur celles-ci, on y parle de rendez-vous dans des caves pour récupérer « le bail ». Comprendre : la drogue.

« C'était du CBD que je vendais. J'arnaquais les gens »

Au fur et à mesure des surveillances, les enquêteurs estiment que le jeune homme écoule près de 200 g de résine de cannabis par semaine. Une drogue dont il fait la promotion via des vidéos promotionnelles sur Snapchat. Le 15 décembre, les gendarmes effectuent une perquisition dans un village voisin de Chaumont-en-Vexin, où le dealer vit chez ses parents.

Dans sa chambre, ils mettent la main sur 38 g de résine, 900 € en petites coupures, plusieurs téléphones, des pochons et 20 g de cocaïne. « Sur certaines écoutes, on l'entend même parler de cachets bleus, relate la procureure, Aude Laroyenne. Ce qui prouve qu'il cherchait à s'étendre. »

Mais depuis le box des prévenus, Charles, déjà condamné à huit reprises, minimise. « Le shit, c'était pour moi. C'était du CBD que je vendais. J'arnaquais les gens avec quelque chose de légal », tente-il de se justifier. Et d'expliquer sa démarche par un besoin de rembourser des dettes mais aussi d'épater son monde. « J'ai voulu jouer aux grossistes, faire croire que j'étais quelqu'un. Mais au final, je ne suis personne ».