Oise : les lecteurs s’évadent dans les médiathèques pendant la crise sanitaire

Les médiathèques du département sont pour la grande majorité ouvertes au public en ces temps de pandémie. Pour l’instant. « Le Parisien » est allé à leur rencontre pour découvrir les choix des lecteurs en 2020.

 Beauvais, mercredi. Patrick est venu de Songeons pour faire le plein de livres à la médiathèque, en cas de nouveau reconfinement.
Beauvais, mercredi. Patrick est venu de Songeons pour faire le plein de livres à la médiathèque, en cas de nouveau reconfinement. LP/Patrick Caffin

Avec six livres sous le bras, Patrick vient de faire le plein à la médiathèque de Beauvais. Deux BD de la série Jérémiah, des ouvrages sur Juliette Recamier, Louis XVIII et Madame Stael, une histoire du Portugal… Le choix est varié. « S'il y a un troisième confinement, je serai paré comme ça », sourit, sous son masque, cet habitant de Songeons.

Ce dernier reconnaît avoir « souffert du manque de livres pendant les confinements précédents ». « Je lis beaucoup, explique-t-il. Alors quand la médiathèque a fermé, je me suis retrouvé piégé. » Le drive, très peu pour lui. « J'ai besoin de me promener dans les rayons pour faire mes choix, c'est impossible à faire sur un ordinateur. »

À Beauvais, 1 952 livres empruntés en une journée

Patrick n'est pas le seul à avoir pris l'habitude de faire le plein de livres. Le 29 octobre dernier, à la veille du deuxième confinement, la médiathèque de Beauvais avait ouvert exceptionnellement ses portes un jeudi, avec un nouveau record : 1 952 emprunts, dont 1 543 livres !

Après avoir rouvert leurs portes, fin novembre, les libraires du département avaient fait un constat : leurs clients avaient acheté essentiellement des ouvrages qui leur permettaient de s'évader, soit par l'écriture (livres primés), soit par le récit (voyages, contes…), soit par l'humour.

Beauvais. Livres primés, récits et humour, le trio gagnant. LP/P.C.
Beauvais. Livres primés, récits et humour, le trio gagnant. LP/P.C.  

Les bibliothécaires font à peu près le même retour. « Nous aussi, nous avons constaté que les gens avaient besoin d'évasion et que cela se ressentait dans leurs choix », explique Adèle Asmuss, directrice de la médiathèque de Margny-lès-Compiègne. Le meilleur exemple de cette tendance est le succès remporté dans toutes les bibliothèques oisiennes par « La panthère des neiges », de Sylvain Tesson.

Guillaume Musso, Marc Lévy, Bernard Minier…

Pour le reste, « les best-sellers se taillent la part du lion, souligne Coralie Bournonville, directrice des médiathèques du Beauvaisis. On retrouve les derniers livres de Guillaume Musso (« La vie est un roman »), Marc Lévy (« Ghost in Love »), Bernard Minier (« La Vallée ») ou Michel Bussi (« Au soleil redouté »), tous placés dans le top 5 des ouvrages les plus empruntés. Il y a également les livres primés. »

Si les Goncourt et autres prix Renaudot assurent en général de belles ventes à leurs auteurs, ils sont sans surprise également beaucoup empruntés. À la médiathèque Chanut de Creil, « Les Impatientes » de Djaïli Amadou Amal, Goncourt des lycéens, et « Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon », de Jean-Paul Dubois, le Goncourt 2019, sont les seuls à rivaliser avec les polars, où Franck Thilliez et Maxime Chattam sortent leur épingle du jeu.

Les livres « Feel Good » ont la cote

Même chose pour « L'anomalie » d'Hervé Le Tellier, Goncourt 2020, très demandé. « Les romans les plus prêtés sont les grands succès de l'année, indique Antoine Torrens, directeur des médiathèques de Compiègne. Nos abonnés étaient également demandeurs de conseils. C'est ainsi que « Le Consentement », de Vanessa Springora, que nous avons largement conseillé aux usagers est sorti du lot. »

Autre tendance du moment, les romans adultes dit « Feel Good books ». « Ce sont des livres qui font du bien, qui racontent l'histoire d'une personne qui va trouver une solution à ses problèmes et changer sa vie, précise Adèle Asmuss, à Margny. Chez nous, Virginie Grimaldi avec « Et que ne durent que les moments doux », Aurélie Valognes avec « Né sous une bonne étoile » ou Raphaëlle Giordano, avec « Cupidon a des ailes en carton » , ont été plébiscités. »

« Max et Lili » et « Mortelle Adèle », les stars des enfants

Côté jeunes, si les ados se concentrent sur les mangas et les BD, les « Max et Lili » de Dominique de St Mars et le best-seller « Mortelle Adèle » sont les stars absolues des ouvrages empruntés pour les enfants.

Newsletter L'essentiel du 60
Un tour de l'actualité de l'Oise et de l'IDF
Toutes les newsletters

« Nous l'avons surtout constaté lorsque nous avons mis en place le drive, précise Odile Lablaj, directrice de la médiathèque de Méru. Ce sont des livres pour les enfants qui viennent d'apprendre à lire. Nous avons l'impression que les parents voulaient développer l'envie de lecture chez leurs enfants. »

Et pour 2021? Trop tôt pour se prononcer. Une seule chose est sûre, en ce début d'année : les œuvres de Maurice Leblanc s'arrachent dans les rayons, bénéficiant de l'effet de la série Netflix « Lupin », avec Omar Sy. Qui a dit que la télé ne mène à rien?