Oise : la secrétaire de la Croix-Rouge avait détourné 97 000 euros

L’ancienne employée a été condamnée par le tribunal judiciaire pour avoir falsifié pendant plus de deux ans des chèques grâce à une encre effaçable.

 Compiègne, jeudi. De janvier 2018 jusqu’au cœur du confinement, l’assistante de la crèche de la Croix-Rouge détournait des chèques qu’elle falsifiait.
Compiègne, jeudi. De janvier 2018 jusqu’au cœur du confinement, l’assistante de la crèche de la Croix-Rouge détournait des chèques qu’elle falsifiait. LP/Élie Julien

Le confinement aura eu raison de son stratagème. Ce jeudi, l'ancienne secrétaire-assistante du multi-accueil de la Croix-Rouge, situé à Compiègne, a été condamnée par le tribunal judiciaire de la cité impériale. Sylvie Caze, 56 ans, a écopé de deux ans de prison, dont un avec sursis probatoire, pour avoir détourné plus de 97 000 euros (€) au préjudice de cette association.

Une somme colossale, volée entre janvier 2018 et avril 2020, qu'elle devra rembourser. En attendant, de l'électroménager et un véhicule, saisis par les enquêteurs, ont été confisqués. La quinquagénaire a désormais interdiction d'exercer un travail impliquant la réalisation d'opérations de comptabilité.

De l'encre effaçable pour modifier les chèques

« Ce que j'ai fait est inexcusable, j'ai une famille aimante, une bonne situation, un mari adorable », se désolait-elle, ce jeudi, à la barre, devant son conjoint lui aussi inconsolable. Pourtant, depuis plus de deux ans, cette habitante de Lachelle, dans le Compiégnois, avait régulièrement détourné des chèques à son profit.

« Jusqu'à cinq ou six chèques sur lesquels elle modifiait l'ordre ou le montant grâce à un système d'encre effaçable », explique le parquet, qui ne croit pas à la thèse de la pulsion.

Un petit manège que la directrice de la structure, qui emploie 32 personnes, découvre pendant le confinement, alors qu'elle se penche sur les comptes et observe des écarts de caisse. Il y a un trou dans ce budget d'un million d'euros, constitué grâce aux versements de la CAF, à la participation des familles et à des subventions municipales.

Les enquêteurs découvrent, lors de l'étude des comptes du couple, des dépenses supérieures à leurs capacités financières. Avec un salaire de 1 500 €, l'assistante retirait plus de 3 000 € de son compte, tous les mois. Lors d'une perquisition au domicile du couple, de l'électroménager, du matériel hi-fi et même une voiture seront saisis.

Déjà condamnée pour abus de confiance

« Ce n'est pas avec l'argent de la crèche qu'on achetait tout ça. Je dépensais la plupart de cet argent pour des jeux à gratter, jusqu'à 100 € par jour. Egalement pour financer les vacances… Mon mari n'était au courant de rien, il me pensait guérie », assure-t-elle.

Car cette mère de trois enfants, mariée depuis plus de 25 ans, n'en est pas à sa première comparution devant le tribunal. Son casier judiciaire dévoile déjà trois condamnations pour des faits semblables d'abus de confiance et d'escroquerie. La dernière datant de 2009.

« J'ai été suivie par une psychologue avec qui on échangeait sur mon problème avec l'argent, mais j'ai replongé. Je me suis sentie acculée. J'ai toujours eu un problème avec ça », justifiait-elle à la barre, promettant, grâce à son nouvel emploi, de vouloir rembourser la Croix-Rouge.