Oise : l’assassin de Nicky condamné à 20 ans de réclusion criminelle

Romain Bouchez a été condamné ce vendredi par la cour d’assises au terme de trois jours de procès. Les jurés ont estimé que son discernement lors du passage à l’acte avait été altéré mais pas aboli.

 Nicky Regnault a été assassiné en octobre 2016 dans son appartement de Béthisy-Saint-Pierre, dans l’Oise.
Nicky Regnault a été assassiné en octobre 2016 dans son appartement de Béthisy-Saint-Pierre, dans l’Oise. DR

Romain Bouchez devait-il passer sa vie « entouré de chemises bleues ou de blouses blanches », comme s'était interrogé dans sa plaidoirie son avocat, Me Maxime Gallier? Fallait-il que le jeune homme âgé de 27 ans, qui a assassiné Nicky Regnault à Béthisy-Saint-Pierre en 2016, retourne en prison ou soit soigné dans un hôpital psychiatrique?

Ce vendredi, les jurés de la cour d'assises de l' Oise ont tranché en le condamnant à 20 ans de réclusion criminelle pour l'assassinat du salarié du Parc Astérix, alors âgé de 37 ans.

Une condamnation qui vient solder une longue bataille d'experts au cours de laquelle, entre abolition, altération et entière responsabilité pénale, personne n'a su réellement trancher.

Selon les jurés, oui, « un trouble psychique » avait bien altéré son discernement quand, ce vendredi d'octobre, il s'est présenté dans la chambre de Nicky pour lui trancher la gorge. Oui, Romain a bien cédé à cette voix « maléfique » qui lui intimait de tuer dans l'espoir de « ressusciter » sa mère. Sans toutefois que son discernement ne soit totalement aboli au moment de passer à l'acte.

«Une décision qui montre le lien compliqué qu'a la justice à la maladie mentale»

« Sans doute les jurés ont-ils estimé qu'il aurait pu y résister, au moins partiellement », avance Me Maxime Gallier, qui juge le verdict « improbable » et a d'ores et déjà décidé de faire appel.

« La folie fait peur alors on condamne sévèrement, déplore l'avocat de Romain Bouchez. C'est une décision qui montre le lien compliqué qu'a la justice à la maladie mentale. »

Le verdict de la cour d'assises est l'épilogue de la lente dérive d'un jeune homme, sur le fil, à la frontière entre le réel et son monde de « fou ». « Une dérive qui tient de l'imaginatif plus que de la pathologie mentale », avait estimé un des experts. « Il est à la frontière », « en contact avec une certaine réalité », avançaient deux autres psychiatres. « Il y a des critères de lucidité », estimait plus tôt l'avocat général, Jean-Baptiste Bladier, avant de requérir 18 ans de réclusion.

«Il a eu l'impression de ne pas être compris»

Tout en restant en prise avec cette réalité, Romain s'est malgré tout, petit à petit, enfermé dans sa folie. « Il y avait un malaise sur tous les plans de son existence », résume un expert : la perte successive des parents, en 2012 et 2014, cette homosexualité qu'il n'assume pas, usé par les quolibets qu'il subit à l'école… « Un enchaînement de drames », souffle à la barre ce jeune homme aux cheveux de jais, petites lunettes et fines lèvres.

Newsletter L'essentiel du 60
Un tour de l'actualité de l'Oise et de l'IDF
Toutes les newsletters

Romain est-il alors ce « monstre », comme il le dit lui-même, en demandant « pardon » à la mère de Nicky ? « Ce soir, il a eu l'impression de ne pas être compris, regrette son avocat. Lui-même attendait des réponses. » La famille de Nicky n'en aura pas eu davantage.