Oise : ils veulent tous sauver le patrimoine

La région augmente d’année en année son enveloppe allouée à la sauvegarde et à la valorisation du patrimoine. De plus en plus de monuments privés et publics en bénéficient.

 Pierrefonds. Des travaux viennent de démarrer sur l’église Saint-Sulpice. Ils devraient s’achever dans un an.
Pierrefonds. Des travaux viennent de démarrer sur l’église Saint-Sulpice. Ils devraient s’achever dans un an. LP/C.B.

Le patrimoine n'aura jamais autant suscité d'intérêt. Après la mise en place du Loto du patrimoine, le développement du mécénat et le coup de pouce renforcé du conseil départemental de l'Oise, c'est la région Hauts-de-France qui apporte sa pierre à l'édifice avec un effort financier non négligeable.

Dans son plan de relance, adopté il y a quelques jours, le conseil régional a réaffirmé son engagement en faveur des monuments protégés et non protégés. Une enveloppe de 6,5 millions d'euros (M€) a ainsi été votée pour répondre aux sollicitations croissantes des communes, désireuses de sauvegarder ou valoriser leurs biens.

« En début de mandat, nous avions une enveloppe de 2,5M€ et en fin de mandat, elle sera de 8M€, avance Anne Pinon, conseillère régionale (LR). Le patrimoine fait partie de nos priorités, c'est pourquoi nous l'avons inclus dans notre politique culturelle. Dans les villages, l'église est souvent le seul patrimoine architectural. Il faut aider les maires à les sauver ! D'autant que l'on soutient par la même occasion les entreprises du bâtiment. »

30 dossiers déposés cette année contre 18 en 2019

Au-delà de cette aide, la région s'engage à verser de façon systématique les 30 % de sa subvention dès qu'un dossier est accepté et à prolonger d'un an les aides accordées aux communes. « On a pris en compte les délais liés au confinement et à la crise. Les communes auront ainsi une plus grande marge de manœuvre pour réaliser leur projet », ajoute Anne Pinon.

Un appel du pied qui n'est pas passé inaperçu. Trente dossiers ont ainsi été déposés dans l'Oise (dont quatre provenant de privés). L'an passé, il n'y en avait eu que 18.

LP/Infographie
LP/Infographie  

Parmi ces demandes, celle de Breteuil, qui souhaite restaurer intégralement l'église Saint-Jean-Baptiste (maçonnerie, pierres de taille, couverture et vitraux) pour un coût total de 1,27M€.

« Le coup de pouce de la région est très intéressant, note Jean Cauwel, le maire. Il nous permet de soulager le budget de la commune et d'aller plus vite. Sans cette subvention, nous aurions dû faire les travaux en plusieurs tranches. »

Autre chantier onéreux, celui de l'église Saint-Sulpice à Pierrefonds, chiffré à 508 620€. « Pour une petite commune comme nous, c'est impossible de mener seuls ces travaux », soulève Jean-Jacques Carretero, adjoint au maire chargé de l'urbanisme.

La commune de Pierrefonds a sollicité l’aide du département, de la région et de l’Etat. LP/C.B.
La commune de Pierrefonds a sollicité l’aide du département, de la région et de l’Etat. LP/C.B.  

Alors la commune a multiplié les demandes de subvention : le département, la région, l'Etat via la Direction régionale des affaires culturelles (Drac). « Il faut taper à toutes les portes, assure l'élu. Ce chantier représente un tiers de notre budget annuel. Or, il y en a plein d'autres à mener. Les habitants demandent aussi que les trottoirs soient entretenus, que l'ampoule de leur candélabre soit changée, etc. »

« Il faut entretenir le patrimoine mais pas au détriment du reste, confirme un habitant du village forestier. Si je devais choisir entre le chantier de l'église et des aménagements de voirie, je choisirais la deuxième option. »

« Les gens aiment bien leur patrimoine mais ils font attention à leurs trottoirs, à l'enfouissement des réseaux, constate Philippe Barbillon, le maire de Cinqueux. Il faut donc hiérarchiser et équilibrer les investissements. »

Des maires habitués aux dossiers de subvention

Dans son village de 1601 habitants, c'est la bâtisse de l'ancienne mairie-école qui doit faire l'objet d'une restauration. « Il y a des fuites un peu partout et l'étage ne sert plus car le plancher est détérioré », détaille l'élu. Coût du chantier : 284 646€.

« Au début, nous ne savions pas que cette aide régionale existait alors on envisageait seulement de refaire la toiture, confie Philippe Barbillon. Car j'ai une règle d'or : je n'emprunte pas ! »

Malgré tout, l'édile n'a pas sollicité d'autres subventions pour ce projet afin de ne pas hypothéquer ses chances futures. « Je dépose trois dossiers par an au conseil départemental, précise-t-il. Si je formule trop de demandes, ils vont me dire non car il ne suffit pas de lever le petit doigt pour que ça tombe. J'ai d'autres dossier à faire passer prochainement alors je me contente de la région, que je solliciterai par la suite pour l'église et le lavoir. »