Oise : il violente sa compagne paraplégique et enceinte

Le tribunal de Compiègne a condamné le conjoint violent, un homme de 29 ans, à six mois de prison avec sursis. La victime, qui est tombée de son fauteuil roulant, n’a heureusement pas été blessée.

  La victime est  handicapée et en fauteuil roulant depuis 7 ans, suite à un grave accident de la route (Illustration).
La victime est handicapée et en fauteuil roulant depuis 7 ans, suite à un grave accident de la route (Illustration). LP/Philippe Lavieille

Le tribunal de Compiègne a condamné Dylan* à six mois de prison assorti d'un sursis probatoire de deux ans, ce jeudi. L'homme de 29 ans était jugé pour avoir frappé sa compagne handicapée et enceinte, le mercredi 14 octobre, dans un village du Compiégnois. La jeune femme, en fauteuil roulant, a assisté à l'audience mais a refusé de se constituer partie civile.

Le jour des faits, tout a débuté par une dispute. Les infidélités de Dylan ont eu raison de leur vie commune. Ensemble depuis un an, le couple vivait au domicile de la jeune femme, devenue paraplégique après un grave accident de voiture il y a 7 ans.

«Je lui ai mis une claque sur la nuque et lui ai tiré les cheveux »

L'homme de 29 ans a été prié de quitter la maison et de remballer ses affaires. Sans moyen de transport, il revient avec un ami. La situation s'envenime des deux côtés. Julia* casse un vase et refuse de lui rendre la clé de la moto tant qu'il ne lui a pas remboursé les 680 € qu'il lui devait pour son achat et un loyer.

Dylan devient alors violent. « J'étais derrière elle, je lui ai mis une claque sur la nuque et lui ai tiré les cheveux. C'était pour la retenir. Là, elle a basculé de son fauteuil et est tombée. Je regrette tellement. Habituellement, quand il y a une crise, je pars. On n'en arrive pas à ces démesures. »

L'homme ne voulait pas reconnaître son enfant à naître

Julia rectifie cette version des faits. « Dylan est impulsif, il donne des coups de poing dans les murs quand ça ne va pas. Ce qui m'a choqué, c'est qu'il ne veuille pas reconnaître l'enfant que nous allons avoir. »

La jeune femme a refusé d'être examinée par un médecin pour ne pas causer du tort au prévenu, déjà condamné pour des faits de violence en 2015. Intérimaire, il a assuré vouloir s'impliquer dans la vie du futur bébé. « Je veux être là à la naissance. Le divorce de mes parents m'a fait du mal. Je veux que cet enfant ait un père et une mère. »

La peine a été assortie d'une obligation de soin psychologique et de trouver un travail. « J'entends que la victime ne veuille pas causer de tracas, mais elle a contacté la gendarmerie qui s'est déplacée. Si elle affirme ne pas avoir peur de lui, elle a quand même appelé au secours, affirme le substitut du procureur, Antoine Perrin. Une rupture ne justifie pas un excès de colère sur une personne handicapée et enceinte. »

*Tous les prénoms ont été modifiés afin de préserver l'anonymat de la victime.