Oise : il met le feu au domicile de son ex deux fois en un mois

Abdelkader Bendjelloul a été condamné par le tribunal de Compiègne à cinq ans de prison, dont deux avec sursis, ce lundi.

 Le trentenaire a interdiction d’entrer en contact avec la victime et sa famille.
Le trentenaire a interdiction d’entrer en contact avec la victime et sa famille. LP/A.B.

Quand Abdelkader Bendjelloul profère des menaces de mort, ce ne sont pas de simples paroles prononcées sous le coup de la colère. Il passe à l'acte. Lundi, cet homme âgé de 33 ans a été condamné par le tribunal de Compiègne à cinq ans de prison, dont deux avec sursis, pour dégradations de biens et menaces de morts.

L'épilogue d'une relation « destructrice » que le jeune homme a entretenue pendant trois années avec Sophie (le prénom a été modifié), une habitante de Margny-lès-Compiègne.

Marié, père d'un enfant, Abdelkader évoque une histoire qui a démarré dans le cadre de rapports sexuels tarifés — « C'était une escort », dit-il —, ce que nie la jeune femme « qui commençait à avoir des sentiments ».

« Les voitures, elles brûlent ! »

La relation se dégrade rapidement lorsque Sophie apprend l'existence d'une autre femme et d'un enfant dans la vie du jeune homme. Jusqu'à ce qu'elle décide d'y mettre un terme, « avant le confinement ».

Une rupture qu'Abdelkader n'accepte pas. « La fin de relation a été un désastre », souffle-t-elle à la barre du tribunal. Régulièrement, Abdelkader passe en voiture devant son domicile, klaxonne, crie son prénom. Il l'inonde de SMS et va même jusqu'à menacer son père et sa grand-mère.

Dans la nuit du 6 juillet dernier, Sophie réveille à la hâte son père et son frère : « Les voitures, elles brûlent ! ». Dehors, deux de leurs véhicules sont en train de s'embraser et le feu menace de gagner le garage. Au loin, la jeune femme croit distinguer la silhouette de son ex.

« Je vais le refaire, je vais brûler les voitures »

« Là, on se dit qu'il est passé à l'acte, confie le père, encore ému. C'était la seule personne qui pouvait s'attaquer à notre famille, mais je ne pensais pas qu'il allait passer à l'action. Ça m'a scotché… »

Un mois plus tard, Abdelkader se représente à nouveau devant leur domicile de Margny-lès-Compiègne et va cette fois-ci incendier la porte d'entrée. « Il était dans une aggravation de son passage à l'acte », note la substitut du procureur, pointant « le risque immense » de récidive chez le prévenu dont le casier compte 21 mentions.

D'autant qu'entre les deux incendies, les menaces du jeune homme se font plus pressantes. Plus précises aussi : « Je vais le refaire, je vais brûler les voitures et le garage, tant que tu ne reviens pas avec moi. »

« Qu'est-ce que ça va être à sa sortie »

Placé en détention provisoire après son deuxième « passage à l'acte », Abdelkader va poursuivre le harcèlement. Le 16 septembre, il contacte Sophie depuis sa cellule avec un téléphone portable. « Je vais te jeter du white-spirit à la g…, je vais te brûler à l'acide, t'es morte, t'es morte… »

Des menaces toujours présentes aujourd'hui à l'esprit de Sophie et de ses proches. « Une famille qui vit dans la terreur la plus absolue », insiste leur avocat. « Je voulais juste qu'il me laisse tranquille, glisse la victime. Aujourd'hui, je suis dans l'insécurité totale. Quand je vois ses menaces depuis la prison, je me dis qu'il n'a pas compris. Et qu'est-ce que ça va être à sa sortie. »