Oise : fermée lundi, rouverte mercredi, la galerie commerciale du Plessis-Belleville respire à nouveau

La trentaine de commerces adossée au Leclerc du Plessis-Belleville faisait initialement partie des zones concernées par les nouvelles restrictions sanitaires. Après vérification, l’ensemble mesure pourtant moins de 20 000 m22, la préfecture a donc fait marche arrière.

AbonnésCet article est réservé aux abonnés.
 Le Plessis-Belleville, ce mercredi. Dans la trentaine de boutiques, gérants et salariés oscillent entre soulagement, colère et incompréhension.
Le Plessis-Belleville, ce mercredi. Dans la trentaine de boutiques, gérants et salariés oscillent entre soulagement, colère et incompréhension.  LP/Simon Gourru

Alors qu'elle insère un jeton dans un chariot de supermarché, ce mercredi matin, sur le parking du Leclerc du Plessis-Belleville, Stéphanie est pour le moins perplexe. « Je suis passée lundi et les gendarmes m'ont dit que c'était fermé. Hier tout était clos dans la galerie, mais ce matin en passant pour amener mon fils au collège, j'ai vu que c'était ouvert. C'est incompréhensible. »

La situation a en effet tardé à s'éclaircir en ce début de semaine pour ce centre commercial implanté dans la commune depuis plus de 30 ans. Comme cinq autres structures de l'Oise (le centre commercial du Jeu-de-Paume, à Beauvais, celui de Cora, à Saint-Maximin, celui de Carrefour, à Venette et celui d'Auchan, à Nogent-sur-Oise), le magasin Leclerc avait été contraint de fermer dès dimanche les commerces non alimentaires de sa galerie marchande. Et ce conformément aux nouvelles mesures visant à lutter contre la propagation du Covid-19 dans les sites de plus de 20 000 mètres carrés.

Retournement de situation, ce mardi soir, après une nouvelle communication de la préfecture. « Le calcul de la surface commerciale utile doit comprendre les surfaces de vente, les bureaux et les réserves, mais exclut les parties communes, comme les allées du centre commercial, les parkings ou les services techniques », ont précisé les services de l'Etat. Un « détail » qui a permis au centre du Plessis-Belleville d'ouvrir à nouveau.

«Cela n'a aucun sens !»

En apprenant la fermeture imposée à ses commerçants, Denis Moreau, le responsable de l'hypermarché et de sa galerie, s'était étonné de cette décision, sachant que son enseigne n'entre pas dans les limites fixées par l'Etat. Ni une ni deux, il a contacté la préfecture. « Cela paraît ahurissant, lâche-t-il. On prend des mesures pour éviter la massification des clients mais dans le calcul, on inclut les réserves et les bureaux, cela n'a aucun sens ! »

Après avoir vérifié ses chiffres, il les a donc transmis aux autorités. Et s'il dit avoir pu échanger « en bonne intelligence » avec les services de l'Etat, il regrette néanmoins l'erreur commise. « Cela n'a duré que 24 heures, on peut encore appeler ça un incident, mais je regrette quand même que des décisions de l'Etat pénalisent des commerces déjà durement touchés en 2020. »

Avec une autre incohérence : l'interdiction, cette fois-ci, du click and collect, « qui était autorisé il y a quelques mois ». Denis Moreau affirme « comprendre » que les décisions ne sont pas simples à appliquer dans ce contexte, « mais il ne faut pas pour autant faire tout et son contraire, on parle quand même de plus de 80 emplois dans cette galerie! »

Dans la trentaine de boutiques, justement, c'est l'agacement qui prédomine. « C'est un vrai casse-tête, souffle Sylvie, de l'Authentique institut, qui propose produits et soins de beauté. Il a fallu appeler les clients pour annuler les rendez-vous, puis les rappeler pour leur dire que finalement, c'était bon. C'est quand même décevant qu'après une année d'épidémie, ce ne soit pas mieux géré… »

«Le public est comme nous, un peu perdu»

Ce mercredi, si ce n'est pas la foule des grands jours, les clients se promènent dans la galerie et chaque commerce, ou presque, est occupé par des flâneurs. « Moi qui avais attendu pour faire les soldes, j'étais un peu déçue de ne plus pouvoir venir, témoigne une femme. On nous demande de soutenir le commerce local, mais si on ne leur donne pas les moyens de travailler, ça va être compliqué. »

Newsletter L'essentiel du 60
Un tour de l'actualité de l'Oise et de l'IDF
Toutes les newsletters

« Le public est comme nous, un peu perdu, peste de son côté le serrurier. C'était déjà compliqué avec le couvre-feu mais si en plus les pouvoirs publics ne sont pas capables de faire les choses correctement, on ne s'en sortira pas. »

Dans la galerie aussi, on parle d'incohérence. « Je gère un commerce alimentaire et pourtant on voulait me fermer », souffle le vendeur des chocolatiers Léonidas. Lundi, les gendarmes étaient même présents pour faire respecter la consigne. « Ils n'étaient pas méchants mais ça n'était pas très sain comme ambiance », note un professionnel.

Pour un autre, « cela fait une mauvaise publicité, les gens vont ailleurs quand il voit ça ». Denis Moreau, le responsable du Leclerc et de la galerie, ne peut que confirmer. « Sur les réseaux sociaux, tout le monde parlait de la fermeture de Leclerc, ce qui était faux, bien sûr, mais lundi nous avons fait 25 % de chiffre d'affaires en moins. »

Pour beaucoup, ce couac n'en est qu'un de plus. « C'est dans la lignée de la longue liste de contradictions que nous subissons depuis un an, nous sommes dépités, conclut Stéphane Dassonval, gérant du bar-restaurant-PMU le Kfé-In. On nous fait ouvrir puis fermer, d'un mois à l'autre les raisons et les justifications changent, on ne sait plus où on est. Vivement que tout le monde soit vacciné et qu'on revienne à la normale. »