Octobre rose à Grandvilliers : «On est des guerrières, mais on est toutes seules à gérer»

À l’occasion du mois de sensibilisation contre le cancer du sein, un atelier sur l’estime de soi et le bien-être a été organisé au centre social rural de Grandvilliers.

 Ce jeudi à Grandvilliers, un atelier sur l’estime de soi et le bien-être etait organisé. En tout, 23 personnes ont participé.
Ce jeudi à Grandvilliers, un atelier sur l’estime de soi et le bien-être etait organisé. En tout, 23 personnes ont participé. LP/Juliette Duclos

« Ne plus craindre les jugements ou les représailles de mon ex-mari ». « Garder en tête ou intégrer l'idée que je n'ai pas besoin d'être parfaite ». « Travailler ». « Ne plus culpabiliser ». « Savoir lâcher prise ». « Embrasser mes petits-enfants »… Sur les feuilles en papier carton rose, les phrases se suivent et ne se ressemblent pas.

Derrière le stylo, c'est Christiane, Bérengère, Émeline ou encore Aurore. Elles ont entre 21 et 87 ans et viennent d'un peu partout dans le canton. Ce jeudi, elles participaient à l'atelier « Bien-être et estime de soi », organisé à l'occasion d' Octobre rose, au centre social rural (CSR) de Grandvilliers.

« C'est très compliqué pour de nombreuses femmes. On pense souvent aux autres, aux enfants et pas à soi, explique Prisca Baldet, référente famille au CSR. Alors, l'idée, c'était d'aborder octobre rose sous un angle positif. »

Lors de l'exercice, il s'agissait donc de réussir à « parler de soi » et « de se poser la question de ses besoins », précise-t-elle. Un atelier qui se tient dans le cadre du programme des cafés « santé », financés par l'Agence régionale de santé (ARS).

«On se sent écouté»

Après ces discussions, un moment de détente était organisé où chacune a pu réaliser une crème de soin, sur les conseils d'une socioesthéticienne. Prisca Baldet complète : « Travailler l'estime, ça nous arme pour toute la vie, cela va nous aider au moment où l'on se retrouve face à de grosses difficultés. »

Lors de cet atelier, beaucoup d'émotion. Il y a Nora, 41 ans, qui confie s'être reconnue dans ce que chacune disait. « Il y a beaucoup de maman solo, comme moi, relate-t-elle. On est obligés de se mettre de côté pour tout gérer au quotidien. »

Cela ne fait pas longtemps qu'elle a emménagé à Grandvillers. « On a changé de vie avec mes enfants, mais cela fait du bien de rencontrer d'autres personnes. Il n'y a aucun jugement, on se sent écouté. »

Des «guerrières» isolées

Il y a aussi Severine, 46 ans, venue pour « rompre l'isolement ». Cette ancienne soignante en Ehpad explique pudiquement avoir « forcé sur la vie, sur la santé ». Aujourd'hui, elle vit seule avec sa fille de 10 ans à Formerie. Sa famille est loin. « On est des guerrières, mais on est toutes seules à gérer, pour payer les factures, payer le loyer, c'est fatigant », déclare-t-elle. Elle raconte aussi la difficulté de certaines à devoir demander des aides sociales. Alors ces deux heures au centre social rural, « ça a fait du bien ».

« Forcément, on a des personnes qui n'ont plus aucune estime d'elles-mêmes, confirme Prisca Baldet. Une dame parlait de la peur d'être seule, du chômage, de ses angoisses par rapport à la conjoncture actuelle avec le Covid-19. Et en plus, elle doit s'occuper de ses enfants et de les rassurer. »

En sortant, Sandrine, elle, est convaincue par cet atelier : « Je me suis rendue compte que je me mettais de côté, mais maintenant, je vais prendre du temps pour moi. »

D'autres animations et ateliers sont proposés au centre social rural de Grandvilliers pendant le mois d'octobre. Renseignements : 03.44.46.75.41