La querelle amoureuse se termine en rixe générale dans une rue de Noyon

Durant la bagarre générale, des coups d’une extrême violence ont été portés. Quatre personnes ont été condamnées à de la prison avec sursis.

 Noyon, septembre 2019. Une bagarre avait éclaté dans la rue de Paris entre plusieurs jeunes. L’un d’entre eux avait été grièvement blessé à la gorge.
Noyon, septembre 2019. Une bagarre avait éclaté dans la rue de Paris entre plusieurs jeunes. L’un d’entre eux avait été grièvement blessé à la gorge. LP/C.B.

Un « pugilat général ». C'est par ces termes que la présidente du tribunal judiciaire de Compiègne a décrit la rixe qui s'est déroulée le 22 septembre 2019 à Noyon. Une altercation courte, estimée à 50 secondes par les caméras de vidéosurveillance de la ville, mais d'une extrême violence, qui a valu plusieurs jours d'incapacité totale de travail pour quatre protagonistes. Et qui a donc été jugée ce mardi par la justice.

Ce soir-là, lors d'une soirée alcoolisée, Corentin* échange des messages assez musclés avec Jérémy, le nouveau petit ami de celle qu'il considère encore comme sa compagne. Et part le rejoindre rue de Paris, où le jeune homme passe la soirée. « J'étais en colère et blessé », se souvient Corentin.

«On ne voulait pas descendre, on ne voulait pas se battre»

Son frère, David, lui emboîte le pas après avoir chargé des bouteilles d'alcool dans un sac à dos. Les personnes avec qui ils passaient la soirée les accompagnent. Arrivés sur place, ils échangent, Jérémy et ses amis, des insultes et des provocations depuis le bas d'un immeuble. « Ils ont lancé des bouteilles à la fenêtre, se remémore un proche de Jérémy. Nous, on ne voulait pas descendre, on ne voulait pas se battre. »

Mais l'arrivée de la jeune femme devant l'immeuble va pousser les jeunes à quitter l'appartement et à descendre rejoindre Corentin et sa bande. « Ça a commencé à chauffer et des coups sont partis », reconnaît Jérémy.

Impossible d'établir qui a ouvert les hostilités. Les déclarations des uns et des autres sont floues et fluctuent. « J'ai échangé des coups mais je ne sais même pas avec qui », explique Corentin à la barre du tribunal.

«J'ai senti le sang couler sur ma tête»

Durant ces échanges, un coup de bouteille est porté à la tête d'un ami de Jérémy. « J'ai eu une perte de conscience. Je n'ai aucun souvenir de ce qu'il s'est passé. J'ai senti le sang couler sur ma tête lorsque je suis revenu à moi. Mais je n'arrivais plus à parler. J'ai mis une semaine à retrouver l'usage complet de la parole », témoigne-t-il.

Jérémy est quant à lui blessé à la gorge et à la cuisse. Un coup de tesson de bouteille lui a été porté. « Je ne l'ai pas senti sur le moment, explique-t-il aux juges. Le sang coulait partout. Je n'ai pas eu le temps de voir ce qu'il s'était passé. » Le jeune homme est transporté à l'hôpital de Compiègne puis à celui d'Amiens (Somme). « Il a vu la mort à côté de lui », a plaidé son avocate, Me Duval.

«On cherche quelqu'un à qui faire porter le chapeau»

David est désigné comme l'auteur du coup de bouteille et sa compagne, Alice, comme celle qui a planté Jérémy. Ce qu'ils nient tous deux. Jérémy et son ami n'ont pas vu leur agresseur. « Plusieurs témoins disent que David était au sol parce qu'il s'était pris un coup. Il ne pouvait donc pas mettre ce coup de bouteille. On cherche quelqu'un à qui faire porter le chapeau ! » a dénoncé son conseil.

Les principaux protagonistes de cette affaire ont tous été condamnés à une peine de prison assortie d'un sursis simple ou probatoire : 18 mois pour David, 12 mois pour Alice, 6 mois pour Corentin et 2 mois pour Jérémy. Tout ça, pour un « motif futile », a souligné la procureure.

*Tous les prénoms ont été modifiés.