«Mon nez s’est habitué» : des dépistages massifs du Covid-19 dans les collèges et lycées de l’Oise

Une campagne de test a lieu dans les établissements du département, au profit des élèves et du personnel. Déjà 23 collèges et lycées ont été concernés, comme à Noyon, ce mardi, où 140 personnes ont été testées.

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 Noyon, le 9 février. Au sein du collège Paul-Eluard, 140 personnes, dont 105 élèves, ont été testées.
Noyon, le 9 février. Au sein du collège Paul-Eluard, 140 personnes, dont 105 élèves, ont été testées. LP/Alexis Bisson

Entre le cours de français et un devoir de mathématiques, les collégiens et lycéens de l'Oise ont désormais droit à l'option… test antigénique. Dans le département, ces tests ultrarapides, qui permettent en 15 minutes de vous dire si vous êtes atteint ou non par le Covid-19, sont menés depuis début janvier, toutes les semaines, dans les établissements scolaires.

Réservée dans un premier temps au personnel éducatif, cette campagne d'un nouveau genre est ouverte aux élèves (avec accord parental pour les mineurs) depuis le 18 janvier. A chaque fois, jusqu'à 190 tests peuvent être réalisés sur place.

«Il faut aller chercher du positif qui s'ignore»

Ce mardi matin, l'équipe de volontaires de dix soignants a posé ses écouvillons au sein du collège Paul-Eluard, à Noyon. Sur les 670 élèves que compte l'établissement, 105 se sont inscrits, aux côtés d'une trentaine de membres du personnel.

« Une belle campagne, apprécie Yohanna Lefebvre, infirmière conseillère technique de l'inspectrice d'académie, qui coordonne les opérations dans l'Oise. Ces tests en établissements scolaires, c'est du bonus, pour permettre un dépistage de masse. Il faut aller chercher du positif qui s'ignore. » Pour l'heure, « moins de 10 cas positifs » ont été enregistrés au sein de l'académie.

Si le collège de la Cité de Calvin a été « retenu », après demande du principal de l'établissement, c'est d'abord en raison du taux d'incidence, toujours très haut dans le Noyonnais. « Il faut répondre à la demande des établissements au regard des taux d'incidence les plus élevés, c'est le premier critère », confirme l'infirmière conseillère technique.

« Le calendrier prévisionnel de ces dépistages est régulièrement sujet à modifications, prévient de son côté l'inspection académique. En fonction des besoins identifiés sur le terrain et au regard de la situation sanitaire locale, des campagnes de dépistage peuvent être déployées en complément ou remplacement des dates initialement prévues. »

Depuis début janvier, 23 établissements ont été visités par les 33 infirmières qui composent l'équipe mobile, soit un peu moins de 4000 personnes testées.

«Dans un collège, il y a aussi une forme d'exemplarité dans cette démarche»

Au sein du collège Paul-Eluard, où plusieurs cas de Covid ont été enregistrés ces dernières semaines, cette journée de test était très attendue par la direction.

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« Il y avait une volonté collective, y compris du côté des familles qui ont collaboré favorablement et se sont associées au projet, souligne Fabrice Morel, le principal. Cette campagne, qui se fait sur la base du volontariat, c'est rassurant pour tout le monde, à commencer par les élèves. Il faut être dans la transparence, dans un lien de confiance pour ne pas qu'il y ait de panique. Et puis, dans un collège, il y a aussi une forme d'exemplarité dans cette démarche. »

Dans l'établissement, cinq salles ont été spécialement aménagées pour la journée, avec un parcours à suivre de l'inscription jusqu'au résultat. « Ici, c'est royal, une organisation au top, sourit Yohanna Lefebvre. Les établissements ont un temps très court pour mettre en place la logistique, cela ne peut pas se faire du jour au lendemain. »

«Je voulais le faire car il y a eu un cas dans ma classe»

A 10 h 30, 23 personnes sont déjà passées entre les mains des infirmières. Voilà le tour de Hajar, 14 ans, qui découvre pour la première fois les joies de l'écouvillon. « Ce n'était pas très agréable mais je m'attendais à pire, souffle-t-elle sous son masque. Mes parents m'ont dit : On ne sait jamais, alors j'ai décidé de m'inscrire. Sinon, je n'aurais peut-être pas fait de test. » Résultat pour l'adolescente : négatif.

Plus loin, dans une autre classe transformée en véritable salle d'attente, c'est silence radio, jusqu'à l'annonce du résultat. « Je suis quand même un peu inquiet, chuchote Timmy, 13 ans. Mais je voulais le faire car il y a eu un cas dans ma classe. » A ses côtés, Enzo, 13 ans lui aussi, est venu en connaisseur. « C'est déjà mon quatrième test, mon nez s'est habitué, sourit le collégien. Ils ont tous été négatifs mais ça me rassure. Je fais souvent les courses pour mes grands-parents, je veux les protéger. »

Au bout de la chaîne, c'est la médecin scolaire, Véronique Doumenc, qui se charge d'accueillir élèves et personnel éducatif. Et le rythme se fait au pas de charge. « On dépote à mort, sourit la professionnelle. C'est une mission qui change, pour laquelle je n'ai eu aucun souci à me porter volontaire. On sait que c'est très important. »

«Le vaccin, on y pense déjà»

Depuis bientôt un mois, la campagne de dépistage est déjà passée du côté des lycées de Ribécourt-Dreslincourt et de Montataire, au collège de Breuil-le-Vert, à Lacroix-Saint-Ouen ou encore à Nanteuil-le-Haudouin. Après Paul-Eluard, la campagne de test fait étape cette semaine au collège Michelet de Creil et au Point du Jour, à Auneuil.

« C'est une campagne qui risque de se prolonger, mais on a la capacité de la poursuivre », insiste Yohanna Lefebvre. En attendant, dans quelques mois, une probable campagne vaccinale, à l'image de celle menée dans les collèges et lycées contre la grippe A/H1N1 en 2009. « Le vaccin, on y pense déjà », souffle une infirmière.