Malgré des infractions en baisse, 1 000 Oisiens ont perdu leur permis en 2019

Le gouvernement a publié récemment les chiffres détaillés des infractions routières commises en France et dans chaque département. Si l’Oise enregistre une baisse plus importante que la moyenne nationale, le nombre de permis probatoires annulés a, lui, fortement augmenté.

 L’essentiel des infractions relevées provient aujourd’hui des radars automatiques.
L’essentiel des infractions relevées provient aujourd’hui des radars automatiques.  LP

Le saviez-vous? En 2019, les Français ont collectivement perdu 12,7 millions de points sur leurs permis de conduire, 62 % des infractions ayant été relevées par des dispositifs de contrôle automatiques. Les radars donc, aux formes désormais diverses et variées : classique, tourelle, tronçon, de chantier…

Et les Oisiens ne sont pas en reste : ils ont commis 121 024 infractions ayant donné lieu à un retrait de points cette même année. Un nombre toutefois inférieur à 2018, et pas qu'un peu : -22 % ! Une tendance qui suit celle du territoire nationale où, en moyenne, la baisse est de 17,3 %.

L'Oise « particulièrement touché par les dégradations »

Si la courbe s'infléchit plus rapidement pour les conducteurs Oisiens, « c'est parce que nous avons été particulièrement touchés par les dégradations », soupire un représentant des services de l'Etat. Comprendre : la crise des Gilets jaunes a été particulièrement prégnante dans le département.

L'Observatoire national interministériel de la Sécurité routière (Onisr), dans un rapport publié récemment, signale de fait que la « forte baisse » du nombre d'infractions « résulte en partie du vandalisme du dispositif du contrôle automatisé et d'une réorganisation de l'activité des forces de l'ordre pendant les mouvements sociaux du début de l'année 2019 ».

Et pas sûr que cela s'améliore en 2020. S'il n'y a pas une semaine qui passe sans l'annonce de l'installation de plusieurs radars tourelle qui permettent de flasher dans les deux sens, les destructions restent nombreuses. « C'est très bien, il faut mettre fin au racket de l'Etat », se réjouit un conducteur clermontois. Les chiffres ne lui donnent pourtant pas raison.

Déjà 31 morts sur les routes du département…

Fin août 2019, selon la gendarmerie, « le nombre d'accidents et de blessés » était en augmentation … Et le constat était le même, en juin, pour l'année 2020. Par ailleurs, depuis le 1 er janvier, 31 personnes sont mortes sur les routes de l'Oise. Un nombre alarmant, d'autant plus qu'il y a eu le confinement, 40 décès ayant été enregistrés sur l'ensemble de l'année 2019, 38 en 2018. Et sachant que les derniers mois de l'année prélèvent généralement un lourd tribut.

Quel sera le bilan tiré en fin d'année concernant les infractions relevées ? Difficile à dire. Si l'élément Gilets jaunes n'est plus d'actualité, deux autres facteurs vont influer sur les statistiques : le confinement et les fameux radars tourelle. Ce vendredi soir, 24 mâts, sur les 130 censés remplacer, à terme, les 70 dispositifs de l'Oise, ornent le bord des routes.

Beauvoir. Il y a aujourd’hui 24 mâts de radars tourelle installé dans l’Oise, contre 13 au mois d’août. Tous n’ont pas connu des débuts faciles, comme celui-ci, incendié le jour de son installation. LP/Benjamin Derveaux
Beauvoir. Il y a aujourd’hui 24 mâts de radars tourelle installé dans l’Oise, contre 13 au mois d’août. Tous n’ont pas connu des débuts faciles, comme celui-ci, incendié le jour de son installation. LP/Benjamin Derveaux  

En août, il y en avait treize, ce qui donne une idée du rythme de déploiement. Quelle sera leur « efficacité » ? Pour mémoire, tous ne sont pas actifs en même temps, les tourelles n'étant que des boîtes pouvant accueillir les dispositifs de contrôle.

Plus de 220 permis probatoires annulés en 2019

Un outil redoutable, du point de vue de la sécurité routière, que les jeunes conducteurs, notamment, vont devoir apprendre à connaître. Pourquoi eux ? Les « A » originaires du département ont en effet été mauvais élèves en 2019. Sur les près de 1 000 permis d'Oisiens qui ont été annulés, autant que l'année précédente, plus de 220 étaient des probatoires.

Près d'un quart, quand même, mais c'est surtout l'augmentation qui inquiète : + 33,5 %, indique l'Onisr, soit 50 de plus que l'année précédente. « Toute une génération, celle qui a aujourd'hui 30 ans, donnait l'impression d'avoir compris les risques, soupire une gérante d'auto-école de l'est de l'Oise. Les derniers arrivés, eux… Je ne crois pas. »

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Un de ses collègues du sud du département tempère : « Quand j'étais jeune, je trouvais que les vieux conduisaient mal, maintenant que j'ai 40 ans, c'est l'inverse. » Le responsable reconnaît toutefois faire beaucoup de prévention, « mais je n'ai pas l'impression d'être très entendu… » Et d'évoquer, du bout des lèvres, « les jeux vidéo, les séries télé », qui auraient une mauvaise influence.

Celui qui respecte les limites de vitesse « se fait chambrer »

« C'est vrai qu'on a tendance à trouver que le mec qui roule vite est cool, se désole Alexis, un Compiégnois de 23 ans. Ou plutôt : c'est celui qui respecte les limites de vitesse qui se fait chambrer. Mais quand même, on reste prudents, et il n'y a pas que les « A » qui font n'importe quoi. » Certes, ce qui n'empêchera pas les services de l'Etat de faire de la prévention.

Des interventions, souvent issues de partenariats entre associations et forces de l'ordre, ont régulièrement lieu dans les écoles, collèges et lycées. Lors des journées de la sécurité, prévues la semaine prochaine, des actions sont prévues à destination des jeunes permis ou des futurs conducteurs, comme une sensibilisation des risques routiers professionnels, à Tillé, auprès d'apprentis.

Les Oisiens surpris par les radars de feu

Il y en a 24 dans l’Oise : des radars de feu tricolore sont installés à Compiègne, Chambly, Beauvais, Creil, Lacroix-Saint-Ouen, Pont-Sainte-Maxence… En 2019, les conducteurs oisiens se sont fait « griller » à 5 383 reprises, selon le rapport de l’Observatoire national interministériel de la Sécurité routière (Onisr). C’est 4,5 % de plus qu’en 2018 (5 152).

« Franchement, c’est un peu un piège, se plaint un conducteur compiégnois, échaudé par le dispositif installé au croisement de l’avenue Weygand et du boulevard Gambetta. On ne sait jamais s’il va passer au rouge, et on se retrouve flashé à l’orange. »

En fait, non : « Impossible, assure cette monitrice d’auto-école. Ils ne flashent que lorsque les quatre roues passent au rouge. Si on n’a pas le temps de s’arrêter, c’est qu’on roulait trop vite. »