Les jets de colis pourrissent la vie des agents des prisons de l’Oise

À Liancourt, trois voitures du personnel ont été vandalisées après une « livraison » interceptée. À Beauvais, des détenus alcoolisés ont refusé de rentrer en cellule.

 Liancourt. Le personnel du centre pénitentiaire de Liancourt réclame une meilleure sécurisation à l’intérieur comme à l’extérieur du bâtiment.
Liancourt. Le personnel du centre pénitentiaire de Liancourt réclame une meilleure sécurisation à l’intérieur comme à l’extérieur du bâtiment. LP/J.H.

« L'ensauvagement est bien réel malgré ce que veut bien dire notre cher garde des Sceaux. Arrêtons le déni », clame ce lundi l'Union interrégionale des syndicats pénitentiaires Force Ouvrière des Hauts-de-France.

En cause : les jets de colis, remplis de drogue ou autre marchandise, lancés dans l'enceinte des établissements par des complices des détenus à l'extérieur. Deux « livraisons » ont dégénéré ce dimanche au centre pénitentiaire de Liancourt et à la prison de Beauvais.

Les incidents commencent vers 15 heures à Beauvais. Une quarantaine de paquets remplis de spiritueux sont projetés lors d'une promenade. « Une fois de plus la livraison Uber drink aura été plus que conséquente », déplorent les syndicalistes.

Treize détenus, « ayant eu le temps d'écouler le stock d'alcool fort en tout genre », bloquent leur retour en cellule. Ils n'obtempèrent finalement que deux heures plus tard.

Des sanctions réclamées

« Aucune mise en prévention, aucune mesure de changement de cellule, aucune fouille, aucun transfert… Les On verra demain n'étaient pas la bonne décision pour les agents présents », martèlent-on chez FO.

C'est ensuite à Liancourt que le personnel du service de nuit intercepte des projections destinées au quartier réservé aux mineurs. « Deux heures plus tard, des individus pénètrent sur le parking et incendient trois véhicules de nos collègues ! » s'indignent les syndicalistes.

Ils réclament le transfert rapide des treize détenus impliqués à Beauvais et la sécurisation « réelle » des sites pénitentiaires. « Nous saurons nous mobiliser si cette politique digne du monde de Oui-Oui ne cesse pas rapidement ».

Contactée, la direction interrégionale des services pénitentiaires n'a pas donné suite.