Les gendarmes arpenteront trains et gares de l’Oise au moins jusqu’en 2023

La région Hauts-de-France vient de renouveler son partenariat avec la gendarmerie. Chaque année, des patrouilles de réservistes sont déployées pour sécuriser les wagons et les petites gares. Un dispositif qui s’ajoute à ceux de la police et de la SNCF.

 Les gendarmes patrouillent dans les TER et les gares de l’Oise pour rassurer les usagers. Un dispositif lancé par la Région en 2018 (Archives).
Les gendarmes patrouillent dans les TER et les gares de l’Oise pour rassurer les usagers. Un dispositif lancé par la Région en 2018 (Archives).  LP/Cindy Belhomme

Leur mission : « Assurer la sécurité des personnes et dissuader les auteurs potentiels d'infraction par une présence visible et rassurante. » Leur terrain de jeu? Les TER et les gares situés en zone gendarmerie nationale - c'est-à-dire toutes celles de l'Oise, à l'exception de Compiègne, Creil et Beauvais, dévolues à la police - « et identifiées comme sensibles » en termes d'insécurité.

Déployées depuis 2018, les patrouilles ferroviaires de militaires réservistes vont au moins se poursuivre jusqu'en 2023. La région Hauts-de-France vient en effet de valider un nouveau partenariat avec la SNCF et la gendarmerie. Une opération qui a un coût pour la collectivité, environ 213 000 euros par an, que les élus justifient par un bilan positif.

391 gares rurales « sécurisées » en 2019

Chaque année, 200 patrouilles seront ainsi déployées dans la région. L'année 2020 ayant été particulière en raison de la crise sanitaire du Covid, c'est 2019 qui sert de référence. « Nous avons financé 170 patrouilles, indique Franck Dhersin, vice-président de la région, chargé des transports. Dont 45 dans l'Oise, qui est particulièrement concernée. »

LP/Cindy Belhomme
LP/Cindy Belhomme  

Des rondes qui ont permis, selon lui, de sécuriser 179 trains et 391 gares dans les zones rurales du département. « Il s'agit principalement de prévention, le sentiment de sécurité est très important pour les usagers. » Mais pas que. Le dispositif, qualifié de « souple et ciblé » permet des interventions sur-mesure. « Nous essayons d'être à l'écoute du terrain », signale l'élu.

Ainsi, « si on ne peut pas parler d'insécurité forte dans les trains ou les gares de l'Oise, il y a des lieux et des moments qui concentrent des faits », assure Franck Dhersin. Alertée, la région peut alors déployer les patrouilles en conséquence. « Cela peut venir du personnel en gare, mais il n'est pas rare que ce soient les usagers, voire des contrôleurs qui nous contactent. »

Une trentaine d'agents de sécurité de la SNCF affectés à l'Oise

Thomas, qui prend le train chaque jour ou presque depuis Estrées-Saint-Denis, a croisé une fois ces gendarmes réservistes. « J'étais un peu surpris, à me demander même s'il n'y avait pas un problème, sourit-il. Mais ils ont été très pédagogiques, m'ont expliqué pourquoi ils étaient là. Ils sont montés dans le train avec les passagers présents. »

LP/Cindy Belhomme
LP/Cindy Belhomme  

« Je ne les ai jamais vus, ou alors je n'ai pas fait attention, commente une Oisienne qui fréquente le réseau dans le sud de l'Oise. Mais dans l'ensemble, on voit souvent du monde, la police, notamment, en gare de Creil, mais aussi le personnel de la SNCF, très présent entre l'Oise et Paris. »

Les gendarmes réservistes ne font en effet que compléter un dispositif de sécurité déjà « important » dans le département, selon la SNCF. À elle seule, l'Oise occupe ainsi « une trentaine d'agents » de la Sûreté générale (Suge), aussi appelée Sûreté ferroviaire.

Newsletter L'essentiel du 60
Un tour de l'actualité de l'Oise et de l'IDF
Toutes les newsletters

« Une vingtaine est basée à Creil, une dizaine à Beauvais, précise l'entreprise. Soit plus de la moitié des effectifs présents dans l'ancienne Picardie, sans compter ceux de Paris et d'Amiens qui font les trajets et sont donc présents sur les lignes. » Néanmoins, « la SNCF ne peut que se féliciter d'avoir un complément de sécurité sur certains axes ».

Un dispositif utile en campagne, dans des gares désormais sans guichets

« C'est effectivement rassurant de savoir qu'il peut y avoir des patrouilles sur des tronçons et des horaires plus délicats », reconnaît le collectif d'usagers SNCFvamtuer. Pour Christiane Dupart, membre de la Fédération nationale des associations d'usagers des transports (Fnaut) des Hauts-de-France, c'est même quelque chose qu'il faudrait amplifier.

« Aux heures de pointe, il y a peu de problèmes de sécurité, assure-t-elle. Notamment parce qu'il existe encore une solidarité entre les voyageurs. » Tard le soir et tôt le matin, en revanche, « beaucoup de femmes qui travaillent en horaires décalés, des soignantes notamment, ne sont pas rassurées ».

Dans de nombreuses gares, plus de présence physique. Les patrouilles de gendarmes y sont les bienvenues pour les usagers. LP/Julien Barbare
Dans de nombreuses gares, plus de présence physique. Les patrouilles de gendarmes y sont les bienvenues pour les usagers. LP/Julien Barbare  

Selon elle, multiplier les patrouilles en milieu rural aurait un autre avantage : « Beaucoup de gares, aujourd'hui, n'ont plus de guichet et donc plus de présence physique, or il est essentiel que les gens puissent se sentir en sécurité lorsqu'ils attendent leur train. » Et de rappeler que, dans tous les cas de figure, « il est possible de composer le 31 17*, il y a toujours quelqu'un qui répond ».

Quant à développer encore le dispositif… Ce n'est normalement pas la vocation de la région Hauts-de-France que d'assurer la sécurité dans les trains. Une compétence normalement dévolue à l'Etat. « Oui, c'est vrai, c'est un peu le même principe que les polices municipales qui deviennent de plus en plus professionnelles », admet Franck Dhersin.

Pour pallier le manque de moyens de la police nationale, les collectivités locales investissent de plus en plus. « Après, si notre initiative peut permettre à la police et aux gendarmes de métier de se concentrer sur d'autres affaires, cela fait sens », appuie le vice-président des Hauts-de-France.

*Numéro d'urgence de la SNCF et de la RATP joignable 24h/24. Il est aussi possible d'envoyer un SMS au 31 177.