Les dessins de ce médecin égayent les urgences de l’hôpital de Clermont

Auteur de livres pour enfants, le docteur Maxime Métron a réalisé une fresque monumentale dans la nouvelle salle d’attente des enfants du service.

 Clermont, mardi 22 septembre. Maxime Métron, urgentiste et auteur pour enfants, a mis en scène de nombreux héros des enfants pour les rassurer pendant leur passage à l’hôpital de Clermont.
Clermont, mardi 22 septembre. Maxime Métron, urgentiste et auteur pour enfants, a mis en scène de nombreux héros des enfants pour les rassurer pendant leur passage à l’hôpital de Clermont. LP/J.H.

Titi vole une jambe dans le plâtre, Spider-Man arbore un costume déchiré de toutes parts, Tchoupi a le visage constellé par la varicelle, un Schtroumpf joue du stéthoscope, le Pyjamasque porte, bien sûr, un masque… « Même la Fée clochette a un tout petit pansement sur le genou », sourit Maxime Métron, 36 ans.

Médecin aux toutes nouvelles urgences de Clermont, il a réalisé la vaste fresque qui orne les murs de la salle d'attente des enfants. Le dessin met en scène les héros populaires des bambins avec, pour chacun, un clin d'œil à la santé.

Une salle d'attente séparée des adultes

« Cela m'a pris 150 heures de travail sur une tablette graphique. Cela prend autant de temps qu'en peinture. Le moindre défaut se voit à l'impression », confie-t-il ce mardi, les traits tirés par 24 heures de garde.

Si son hôpital ne possède pas d'antenne pédiatrique, les urgences y reçoivent beaucoup d'enfants pour des petits tracas du quotidien. Une otite, une mauvaise chute… « Nous avons décidé de séparer le lieu où ils patientent de celui des adultes. C'est mieux qu'ils évitent de croiser ceux qui ont trop bu, qui crient ou qui saignent. »

Mettre les enfants en confiance

L'objectif est de mettre les petits « en confiance ». Des éléments de la fresque de 4m20 sur 2m50 se retrouvent d'ailleurs dans la salle de soin qui leur est dédiée. « Ils peuvent vite être traumatisés au niveau des souvenirs. La douleur, l'attente… Cela peut les marquer longtemps. Alors nous essayons de les rassurer. Et pour nous, c'est plus facile d'intervenir sur un gamin qui ne pleure pas. »

Ses héros remixés à la sauce médicale se retrouveront bientôt sur un diplôme du courage pour récompenser les valeureux petits patients. « Les premiers retours sont très positifs, se réjouit Maxime Métron. Quand on a des avis d'enfants, c'est génial. Certains venaient me voir sur les salons du livre, j'adorais ça. »

Les aventures de Moko. LP/J.H.
Les aventures de Moko. LP/J.H.  

Car l'urgentiste, passionné de BD, manie pinceaux et crayons depuis tout jeune. « J'ai toujours bricolé, je n'ai jamais pris de cours. » À l'adolescence, il croise la route du docteur Martine Cotinat, gastro-entérologue et nutritionniste à l'hôpital de Creil. La spécialiste lui promet qu'un jour, ils feront des livres ensemble. Elle tient parole.

En 2009 sort « Moko et le secret de la betterave », sur l'importance de bien manger. « Elle avait le texte. Elle voulait un personnage, un petit singe. » Dans cette première aventure, le joyeux primate se gave de bonbons et de chocolats avant de découvrir l'importance des légumes.

Les aventures de Moko

« Il y a toujours un message de prévention, avec des conseils pour les parents à la fin. Le thème, c'est la santé en s'amusant. » Le suivant « Moko et le grand sorcier », sur les microbes et les virus, évoque, dès 2010, la nécessité de porter un masque en cas d'infection et de tousser dans son coude !

Les aventures de Moko comptent au total six volumes. En pause depuis quelque temps, elles ne devraient pas continuer. « C'est beaucoup de temps. Je faisais ça pendant mes repos, souligne ce papa de deux enfants de 6 et 3 ans. Mais j'aimerais bien reprendre, avec un autre univers. Il me faudrait juste une bonne idée ! » Le joyeux singe apparaît quand même sur la fresque, accroché à un tronc d'arbre.

Les urgences sont «une grande famille»

En attendant une nouvelle inspiration, Maxime Métron, né à Senlis et qui habite Grandfresnoy, s'épanouit aux urgences de Clermont, où il a atterri en 2013. « J'y avais fait mon premier stage. J'avais promis de revenir. J'ai tenu parole. J'aime la nouveauté au quotidien, l'inconnu, les équipes, l'ambiance, la nuit… »

Le responsable du service, Eric Charpentier, est toujours le même qu'à son arrivée. Le chef adjoint, Pierre Pinaud, est son ami depuis leur deuxième année de médecine. « On a l'impression d'être dans une famille ici ». Une famille qui prend soin de ses enfants.