Les comités de jumelage à l’épreuve de la crise sanitaire

Privés de voyages et d’échanges entre différents pays à cause de la pandémie, les comités de jumelage de l’Oise en sont réduits aux contacts à distance alors que leur raison d’être se trouve au contraire dans ces rencontres directes avec d’autres cultures.

 Compiègne, ce mardi. Avec l’épidémie mondiale de coronavirus, les liens avec les villes jumelées aux communes de l’Oise sont perturbés.
Compiègne, ce mardi. Avec l’épidémie mondiale de coronavirus, les liens avec les villes jumelées aux communes de l’Oise sont perturbés. LP/Elie Julien

Loin des yeux, loin du cœur. Un aphorisme que la centaine de comités de jumelage de l'Oise s'efforce de contredire par tous les moyens. La crise sanitaire mondiale a mis un coup d'arrêt à ce qui fait l'essence même des jumelages entre villes de différents pays : les voyages et les échanges. « Tous les voyages programmés depuis le début de la pandémie ont bien sûr été annulés, confirme Marie-Anne Fizet Gorin, présidente de la fédération des comités de jumelage de l'Oise. Ces séjours se préparent toujours longtemps à l'avance et pour l'avenir, nous n'avons pas encore beaucoup de visibilité pour savoir quand nous pourrons reprendre les échanges sans risque. »

De fait, la crise sanitaire aura quelque peu tronqué le 50 e anniversaire des relations entre Nogent-sur-Oise et la commune allemande de Gersthofen. « On a pu aller fêter le cinquantenaire en Allemagne en février 2019 mais la fête à Nogent aurait dû se tenir en mai dernier, soupire Pierre Birge, responsable du comité de jumelage de Nogent. Nous espérons pouvoir le célébrer en juin 2021. En attendant, on a appris à se servir des applications de visioconférence et on reste en contact par mail ou par téléphone. »

Applications contacts à distance. Illustration LP/A.D.
Applications contacts à distance. Illustration LP/A.D.  

Dans cet échange franco-allemand quinquagénaire mis entre parenthèses, la principale difficulté semble se situer au niveau des jeunes, qui ont l'habitude de se voir deux fois par an, une fois dans chaque pays. « Le problème, c'est que ceux qui étaient en terminale sont partis et ce sont eux qui le plus souvent nous aidaient à intégrer les plus jeunes dans les échanges, reprend Pierre Birge. Là, on va perdre quasiment un an et demi, et ça va être compliqué de relancer les échanges. D'ailleurs, si des jeunes à partir de 13 ans sont intéressés pour des échanges avec de jeunes allemands, qu'ils n'hésitent pas à nous contacter. »

Pour entretenir l'amitié, « tous les moyens sont bons »

En plus des échanges à distance et par écran interposé, tous les moyens de garder le contact et d'entretenir l'amitié internationale sont bons. « On dit souvent que les petits cadeaux entretiennent l'amitié alors nous avons décidé d'envoyer un colis avec de petits cadeaux à nos amis de Chiuiesti en Roumanie, et ils ont l'intention de faire de même de leur côté », indique Marie-Anne Fizet-Gorin, cette fois sous sa casquette de présidente du comité de jumelage de Fouilloy.

« Pour aller plus loin que les conversations par Skype ou WhatsApp et à la demande de nos homologues de Sudbury (Angleterre), j'ai écrit une newsletter à leur intention, détaille Francine Delaye, présidente du comité de jumelage de Clermont. Je leur ai envoyé tout ce qui pouvait se passer de positif sur Clermont. Je suis allée aux journées du patrimoine, j'ai pris des photos des spectacles, des expositions, bref, pour leur montrer de quelle façon la vie avait repris ici. Que ce soit là-bas ou chez nous, nous avons tous besoin de bonnes nouvelles. Et en plus du covid, les Anglais se posent aussi pas mal de questions avec le Brexit. Alors on fait des projets, on programme des rencontres en sachant que tout peut-être supprimé du jour au lendemain »

Cours de langue et voyages suspendus

Le comité clermontois qui est aussi jumelé avec Vohburg en Allemagne et Chiaramonte Gulfi en Italie, a déjà rayé de son agenda sa soirée du 10 octobre et son rallye pédestre qui devait avoir lieu avant la fin de l'année. En reportant tous ses espoirs et ses projets pour 2021. Certaines associations de jumelage ont d'autres cordes à leur arc et pouvaient espérer trouver le temps un peu moins long avec d'autres activités, comme les cours de langue. Mais là encore, la pandémie du coronavirus a enrayé le fonctionnement pourtant rodé des comités. « Nos cours de langue sont suspendus, comme les voyages, confirme la présidente de l'association de Clermont. Nos professeurs enseignent également en collège et ils ne voulaient pas multiplier les risques en multipliant les contacts. »

Alors entre bénévoles, entre familles qui se sont déjà rencontrées, on maintient le lien comme on le peut mais tous partagent comme un sentiment d'inachevé. « Il est évident que la situation actuelle ne reflète pas l'esprit des jumelages, admet Marie-Anne Fizet-Gorin. Les échanges, ce sont avant tout des contacts humains, l'ouverture à d'autres cultures, à d'autres façons de vivre. C'est fondamental pour l'ouverture d'esprit des jeunes de tous les pays. »