Le riche passé des pompiers de l’Oise renaît sur Facebook

Le Service départemental d’incendie et de secours raconte via sa page sur le réseau social l’histoire des centres du territoire. L’objectif est de publier un livre.

 Le matériel des pompiers, ici à Compiègne, a beaucoup évolué au fil des décennies.
Le matériel des pompiers, ici à Compiègne, a beaucoup évolué au fil des décennies. Sdis60

Des tuyaux en cuir, des chars tractés par des chevaux, des lances en cuivre, des seaux en toile… « Le matériel a bien évolué », plaisante-t-on au Service départemental d'incendie et de secours (Sdis) de l'Oise.

Le Sdis publie depuis le début de l'été, sur sa page Facebook, des textes, d'une rigoureuse précision historique et agrémentés de photos d'époque, qui plongent le lecteur au cœur du quotidien des centres, encore actifs ou disparus, du département.

Un appel au public

« L'objectif final est de réaliser un ouvrage dont les bénéfices seront reversés à l'œuvre des pupilles, annonce-t-on au Sdis. Nos publications vont se poursuivre pendant encore un bon moment. Nous allons parler de toutes les communes et cantons concernés. Il y a un travail de fourmis de collecte de documents, des cartes postales, d'archives… »

Les sapeurs-pompiers de l'Oise lancent au passage un appel au grand public pour fournir des documents, des casques, des illustrations… « Des petits-enfants nous contactent quand on parle du centre de leur grand-père ou arrière-grand-père. Ils nous racontent des anecdotes. Cela enrichit nos recherches. C'est important de conserver cette mémoire. »

Les pompiers de l’Oise à Beaulieu-les-Fontaines. Sdis60
Les pompiers de l’Oise à Beaulieu-les-Fontaines. Sdis60  

Le matériel, donc, a bien changé depuis le XIXe siècle. « Nous avons des pompiers bricoleurs qui retapent les outils d'antan », souligne-t-on au Sdis. Notamment des précieuses motopompes qui étaient souvent affublées naguère d'un prénom féminin, généralement celui de « la femme du maire ou du chef de corps ».

Chaque centre était géré au niveau communal. Et tous les sapeurs n'étaient pas logés à la même enseigne. À Bailleul-le-Soc, le conseil municipal avait ainsi fixé l'indemnité journalière à 2,20 francs en assurant « la gratuité des soins médicaux, des fournitures pharmaceutiques et des frais funéraires ».

Avant la départementalisation

Tous étaient équipés de sabres. « C'était très militarisé », raconte-t-on au Sdis. Ainsi, certains pompiers réclament des sabres neufs, les leurs ayant été cassés par les Prussiens lors de la guerre franco-allemande de 1870. Et qui dit armée dit mutinerie : une, dont les circonstances ne sont pas détaillées, éclate à Avrechy le 6 septembre 1893. Le commandant ne prend pas de gants et radie les protestataires.

Ces histoires sont souvent tout ce qui reste des centres de secours de l'Oise. La plupart n'existent plus aujourd'hui. Les notices historiques se terminent souvent par « le corps des sapeurs-pompiers est dissous le… » « Avec la départementalisation, tout a été rationalisé, avec une unité de fonctions et de moyens », résume-t-on au Sdis.

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