Le prédateur sexuel filmait sous les cabines d’essayage d’un Kiabi de l’Oise

Ce mardi, un homme de 31 ans a été condamné par le tribunal de Beauvais à quatre ans de prison, dont deux avec sursis, pour des faits de voyeurisme et de pédopornographie.

AbonnésCet article est réservé aux abonnés.
 Le prévenu a reconnu avoir filmé une dizaine de jeunes femmes au Kiabi de Beauvais (Illustration).
Le prévenu a reconnu avoir filmé une dizaine de jeunes femmes au Kiabi de Beauvais (Illustration). LP/P.C.

Depuis qu'elle a croisé la route de Grégory V. au détour d'une cabine d'essayage en juin 2019, Clémentine (le prénom a été changé) peine à se sentir en sécurité, peu importe où elle se trouve. « Elle a l'impression d'être épiée partout. C'est très perturbant de se rendre compte que des gens sont capables de telles choses pendant un moment d'intimité, relate son avocate, Audrey Kauffmann. Personne n'a envie de devenir à son insu un objet sexuel. »

Ce mardi, l'homme de 31 ans a été condamné par le tribunal correctionnel de Beauvais ( Oise ) à quatre ans de prison, dont deux avec sursis, pour avoir filmé à l'aide de son téléphone des jeunes femmes en train de se déshabiller dans les cabines du magasin Kiabi de Beauvais. En plus des faits de « voyeurisme aggravé », il a été reconnu coupable de « corruption de mineurs » et de « détention d'images à caractère pédopornographique », suite aux investigations menées après son interpellation.

S'il était seulement poursuivi pour deux faits de voyeurisme, le prévenu en a reconnu « une dizaine » au cours de la procédure. A l'image de ce 25 avril 2019, où Grégory V. repère une jeune femme en train de choisir des soutiens-gorge au rayon lingerie. Prétextant d'aller lui aussi essayer des habits, il s'installe dans la cabine d'à côté pour filmer à deux reprises sous la cloison avant de ressortir du magasin.

Un téléphone caché dans sa chaussette

Mais le 7 juin 2019, Clémentine repère le téléphone portable qui l'enregistre. Grâce à un témoin qui attendait son tour pour essayer un vêtement, elle parvient toutefois à retrouver le trentenaire dans le magasin en train d'effacer les enregistrements de son téléphone. Au commissariat, les policiers retrouveront un deuxième téléphone caché dans sa chaussette.

Entendu, Grégory V. s'explique en disant avoir des problèmes d'érection à la suite d'une opération en 2017. Il reconnaît trouver l'excitation qui lui fait défaut au quotidien dans son couple avec ces images volées. Mais les enquêteurs ne sont pas au bout de leur surprise et découvrent, grâce l'exploitation de son téléphone, que l'homme qualifié de « prédateur sexuel » par la présidente du tribunal, Tania Moulin, manifeste un certain penchant pour la pédopornographie.

Sur Snapchat, il prétend avoir 18 ans

Des images pornographiques d'adolescentes récoltées sur un chat sont ainsi découvertes en sa possession. De même, des captures d'images sur Snapchat sont retrouvées par les policiers avec des jeunes filles deux fois moins âgées que lui, donc mineures. Prétendant qu'il a 18 ans, Grégory V. envoie des propositions sexuelles à certaines d'entre elles. Il demandera même à l'une d'elles « comment elle réagirait si elle découvrait qu'on la filme sous une cabine d'essayage ».

Malgré les faits, le prévenu ne semble pas prendre la mesure de leur gravité et concède n'avoir fait aucune démarche de soin, au grand dam des magistrats. « A part dire qu'il reconnaît et que c'était mal, rien ne garantit que nous ne le reverrons pas dans ce tribunal pour des faits similaires », déplore Caroline Tharot, procureure de la République, qui avait requis 36 mois, dont 18 avec sursis.