Oise : un an de prison ferme pour avoir menacé de mort sa femme

Déjà condamné l’an dernier pour violences volontaires sur conjoint, ce père de deux enfants a terrorisé son épouse via des SMS et en plantant un couteau à quelques centimètres d’elle.

 Beauvais. L’homme a été condamné à 18 mois de prison dont un an ferme pour menaces de mort et violences volontaires contre sa femme (illustration).
Beauvais. L’homme a été condamné à 18 mois de prison dont un an ferme pour menaces de mort et violences volontaires contre sa femme (illustration). LP

C'est le confinement qui serait le responsable… C'est en quelque sorte la justification avancée par Philippe B., un père de famille de 39 ans originaire du Coudray Saint-Germer (Oise), pour expliquer les deux épisodes de violence qu'il a fait subir à sa femme. Ce mercredi il devait répondre de « faits de violence » et « menaces de mort » devant le tribunal correctionnel de Beauvais selon la procédure de comparution immédiate. Reconnu coupable, il a été condamné à 18 mois de prison dont un an ferme.

Les faits de violences interviennent les 31 mars et le 1er avril dernier. Alors qu'il a déjà été condamné en janvier 2019 pour violences volontaires sur conjoint, Philippe B. plante un couteau dans la poubelle, à quelques centimètres de sa femme. « On vivait mal le confinement, explique le prévenu. On habitait dans une maison et là on se retrouvait à quatre dans un appartement de 60 m2. Il y a eu plusieurs disputes et la dernière a dégénéré. »

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Interrogé sur « le traumatisme subi par sa femme à le voir manipuler une arme », il assure n'avoir « pas eu l'intention de se servir du couteau de cuisine. » « Ma femme venait d'apprendre qu'elle avait un cancer du pancréas, explique-t-il. Elle avait l'intention de ne pas se soigner, de se laisser aller. Je lui ai dit tu veux mourir, tu sais ce que ça veut dire. Et là, j'ai planté le couteau dans la poubelle pour qu'elle réagisse. »

« J'ai craqué et je me suis remis à boire »

Une explication qui ne convainc pas vraiment le tribunal. Surtout que les faits de violence ont repris de plus belle après l'été. « Depuis septembre, ça n'allait plus avec ma femme. Les disputes devenaient quasi quotidiennes. Avec l'annonce du reconfinement, j'ai craqué et je me suis remis à boire »

Pour éviter que ses deux enfants soient témoins de ces disputes, l'homme allait dans sa chambre pour insulter sa femme par SMS. A bout, le couple décide de se séparer le 29 octobre. « Ma femme a quitté le domicile conjugal, raconte-t-il. Le lendemain, j'ai reçu la visite de mon frère et de ses enfants. Lorsqu'ils sont partis, je me suis retrouvé seul dans l'appartement et j'ai craqué en buvant sans m'arrêter. » C'est cette nuit-là qu'il enverra des insultes et des menaces de mort par SMS à sa femme. Des messages d'une rare violence qui auraient traumatisé l'intéressée. C'est ce qu'affirme l'avocat de la partie civile en précisant que la victime « n'avait pas voulu assister à l'audience, trop effrayée à l'idée se retrouver dans la même pièce que son mari. »

Philippe B. a été emmené en prison à l'issue de l'audience.