Lancer de machette ? Prison ferme après un conflit qui dégénère dans l’Oise

Un homme était jugé ce lundi, à Beauvais, notamment pour avoir jeté fin septembre une feuille de boucher à la tête d’une personne avec laquelle il est en conflit, à Grandvilliers. Ce qu’il a démenti à l’audience.

 Grandvilliers.
Grandvilliers.  LP/Juliette Duclos

Le 28 septembre, en début de soirée, les gendarmes reçoivent un appel signalant qu'un homme alcoolisé aurait donné des « coups de machette » à Grandvilliers. Selon les dires de Thomas, la victime, Sébastien aurait lancé une feuille de boucher en direction de son visage, mais le hachoir aurait heurté la porte de l'immeuble.

Avec le choc, la vitre s'est brisée et des éclats de verre ont écorché le visage de Thomas, occasionnant six jours d'ITT. Deux jours plus tard, Sébastien retrouve la victime et la menace, avec un couteau de cuisine cette fois : « Si tu t'approches, tu vas avoir des problèmes. »

Interpellé, l'homme comparaissait ce lundi pour violence avec menace d'une arme, menace et transport d'une arme blanche, devant le tribunal de Beauvais. Quand on lui demande sa propre version, le prévenu conteste : « Moi j'assume ce que je fais, j'ai toujours assumé devant la justice, mais la feuille de boucher, c'est non. » Sébastien explique alors avoir brisé la glace de la porte d'entrée, « avec sa grosse chevalière » : « Je me suis même coupé à la main. »

Une mise en scène ?

Pourtant, lors de leur audition, les témoins racontent la scène avec de nombreux détails : « Il a envoyé des insultes, des menaces de mort, il hurlait, j'ai entendu un gros bruit. Quand il a reculé, j'ai vu qu'il tenait une feuille de boucher dans une main et son pitbull dans l'autre. » Un autre rapporte : « La lame était grande et large, elle était rouillée. »

Le prévenu s'agite : « Comme par hasard, ils disent tous la même chose, ils ont la même version, mais ils sont tous amis, ils me détestent. Moi, j'appelle ça une mise en scène. » Concernant les menaces proférées à l'égard de Thomas deux jours plus tard, Sébastien explique que ce dernier aurait déclaré vouloir s'en prendre à sa fille de 14 ans.

« Rien ne justifie ce qu'il s'est passé »

Car derrière ces violences se trouve un conflit qui dure depuis de nombreux mois entre le prévenu et la victime. « Je suis d'accord que des faits soient imputables aux deux, mais ce qui est reproché à monsieur, ce sont des violences volontaires avec arme, des menaces et du transport d'arme. Rien ne justifie ce qui s'est passé », assène la procureur, qui requiert deux ans d'emprisonnement.

Son avocate, elle, pointe certaines « incohérences » dans les témoignages des témoins. « On oublie que l'un descend avec une batte de base-ball » au moment de l'altercation du 28 septembre, rappelle-t-elle. Sébastien a été finalement condamné à huit mois d'emprisonnement, sans mandat de dépôt.