Confinement : l’immense aire d’autoroute de l’Oise au repos forcé

Le site fraîchement rénové de Ressons-sur-Matz (Oise), qui voit habituellement quelque 28 000 véhicules s’arrêter chaque jour, se demande quand il pourra reprendre une activité normale...

 Aire de Ressons-est, ce lundi. Avec le reconfinement, l’activité de l’aire de repos a diminué, mais un peu moins qu’au mois de mars.
Aire de Ressons-est, ce lundi. Avec le reconfinement, l’activité de l’aire de repos a diminué, mais un peu moins qu’au mois de mars. LP/Alexis Bisson

Sur les trois voies de l'autoroute A1, la longue procession des poids lourds n'est interrompue que par de rares véhicules qui filent vers le nord en ce lundi gris. Arrivé à hauteur de Ressons-sur-Matz, la plus grande aire de repos de l'Oise, le constat est le même : d'un côté, une forêt de camions et de l'autre, un parking quasi désert. Rares sont les automobilistes à s'engouffrer dans la station à l'architecture futuriste de 2500 m².

Depuis bientôt trois semaines et l'annonce du reconfinement, cette aire de repos où s'arrêtent chaque année quelque dix millions de véhicules tourne au ralenti. Tout comme l'autoroute la plus fréquentée d'Europe, qui voit passer habituellement entre 70 000 et 100 000 véhicules chaque jour.

« Le réseau souffre, confirme-t-on à la Sanef, l'exploitant du réseau autoroutier. Il n'y a plus de véhicules légers qui circulent, les gens ne s'arrêtent plus, et les routiers consomment très peu sur les aires d'autoroute. »

«Heureusement, c'est un confinement semi-confiné...»

Un constat sombre que ne peuvent que partager les salariés du site, fraîchement rénové pour un montant de plus de 10 millions d'euros. « Heureusement qu'il y a les routiers, sinon ça serait le désert, soupire une employée. Mais on commence quand même à trouver le temps un peu long… » Aux caisses, deux hôtes de vente attendent eux aussi le client qui se fait très rare.

Rares sont les automobilistes à s’engouffrer dans la station à l’architecture futuriste de 2 500 m². LP/Alexis Bisson
Rares sont les automobilistes à s’engouffrer dans la station à l’architecture futuriste de 2 500 m². LP/Alexis Bisson  

« On est surbookés, regardez, ironise l'un d'eux, en pointant du doigt un espace presque déserté. Heureusement, c'est un confinement semi-confiné, donc il reste encore un peu d'activité par rapport à la situation du mois de mars, où il n'y avait plus rien du tout. »

McDonald's et Starbucks ne font pas recette

« Mais on est très en deçà de la normale », confirme sobrement un responsable de la station oisienne. Très loin des quelque 28 000 véhicules par jour (dont plus de 7000 poids lourds) à y faire une halte quotidienne en temps normal.

Les deux géants américains McDonald's et Starbucks, nouveaux venus sur l'aire, ne font pas non plus recette en ce lundi midi. « Je peux juste vous dire que c'est très calme », glisse une salariée d'une des chaînes.

Il n'y a guère que Monique (le prénom a été modifié), en charge du nettoyage des différents espaces de la station, qui apprécie cette soudaine baisse de fréquentation. « C'est sûr que ce n'est pas juillet-août en ce moment, confie l'employée. Mais moi, je ne vais pas me plaindre… »