«Je suis dégoûtée» : il n’y aura pas de coupable dans l’incendie du quartier Argentine, à Beauvais

Le 19 janvier 2020, un important incendie avait obligé les secours à évacuer 44 appartements. Jugé ce lundi par le tribunal de Beauvais, l’homme suspecté d’en être à l’origine a été relaxé au bénéfice du doute.

 Beauvais, le 19 janvier 2020. 44 logements avaient dû être évacués de cet immeuble situé dans le quartier Argentine.
Beauvais, le 19 janvier 2020. 44 logements avaient dû être évacués de cet immeuble situé dans le quartier Argentine. LP/J.D.

Ce lundi, un homme de 32 ans était jugé au tribunal de Beauvais pour l'incendie survenu dans un immeuble du quartier Argentine, le 19 janvier 2020. Suspecté d'être à l'origine du feu qui a ravagé un appartement, entraînant l'évacuation de 44 logements, il a finalement été relaxé au « bénéfice du doute ». « C'est n'importe quoi, je suis dégoûtée » a réagi une habitante qui, comme une quinzaine de personnes, s'était portée partie civile.

6 mois de prison avec sursis, mais pour des vols et des outrages

Le tribunal s'est donc rangé derrière les arguments de Maxence Sarlin, avocat du trentenaire, qui estimait qu'il y avait dans le dossier « trop d'éléments troubles pour imputer la seule responsabilité » à son client. Ce dernier a toutefois écopé de 6 mois de prison avec sursis pour des faits de vols et d'outrages, également jugés ce lundi, mais sans rapport avec l'incendie.

Le prévenu a toujours nié être responsable

Selon les témoignages récoltés par les policiers, c'est à la suite d'une dispute que le mis en cause aurait déversé un produit inflammable dans la cuisine avant d'y mettre le feu et de s'en aller. Mais ce dernier a toujours nié. Et impute le départ de feu aux deux autres personnes présentes, parmi lesquelles se trouvait le locataire de l'appartement, le tout sur fond d'alcool et de consommation de cannabis.

«Ils m'ont dit que c'était un barbecue»

« Je suis allé aux toilettes et quand je suis ressorti il y avait une petite flamme dans la cuisine. J'ai demandé aux autres ce qu'ils faisaient et ils m'ont dit que c'était un barbecue », a expliqué le prévenu. Et d'indiquer avoir essayé d'éteindre l'incendie, en vain. « Ce n'est pas moi qui ai mis le feu chez moi », s'est défendu l'habitant. Parole contre parole, preuves insuffisantes… « La seule chose dont on est sûrs, aujourd'hui, est qu'au moins une des trois personnes présentes a allumé ce feu, a estimé Me Sarlin. Lequel ? Impossible à dire. »