Face au Covid-19, les destins croisés des universités de l’Oise

Si l’école d’ingénieur UniLaSalle a décidé de limiter les cours en présentiel après de nombreux cas positifs, l’UTC reprend ses activités après deux semaines de fermeture.

 32 % des étudiants testés à l’Université de technologie de Compiègne avaient contracté le coronavirus. (archives)
32 % des étudiants testés à l’Université de technologie de Compiègne avaient contracté le coronavirus. (archives) LP/Stéphanie Forestier

Dans les établissements supérieurs de l'Oise, on commence doucement à respirer. À l'école d'ingénieurs UniLaSalle de Beauvais, c'est la menace d'une fermeture qui s'éloigne. La semaine passée, 63 personnes avaient été diagnostiquées positives au Covid-19, dans cet établissement qui dénombre 2 170 élèves. « On avait peur que le nombre de cas soit supérieur », souffle Philippe Choquet, le directeur. Finalement, seules des mesures préventives sont prises depuis ce mardi matin.

Et à l'Université de technologie de Compiègne (UTC), les portes vont se rouvrir, ce jeudi, pour les quelque 4 000 étudiants inscrits. Après un taux de 32 % de résultats positifs lors d'un test massif sur 500 de ses élèves, les enseignements en présentiel avaient été suspendus, début octobre, et les badges d'accès désactivés. « On a fait ce qu'il fallait et le taux de contamination a beaucoup baissé désormais », assure-t-on à l'UTC.

Un soulagement pour les étudiants concernés. « Les cours suspendus en présentiel, on s'était déjà adapté, mais deux semestres sans travaux pratiques (TP), ça commence à faire beaucoup, glisse Justine. Moi, je suis en troisième année, en génie biologique, et c'est très important de pratiquer dans ma branche. »

Pas de nouvelles mesures à l'UTC

« On ne change pas notre fonctionnement, mis en place depuis la rentrée », explique-t-on à l'UTC, rappelant que les contaminations se font dans un cadre privé. Amphithéâtres virtuels sur Zoom, code couleur pour respecter une distanciation physique, claviers d'ordinateurs mis sous film plastique, travaux dirigés en demi-groupe…

Cette f ormule « hybride » permettait déjà de limiter fortement le nombre d'élèves au sein de l'établissement. « La seule chose que l'on puisse faire en plus, c'est leur réexpliquer qu'il ne faut pas rentrer chez eux le week-end et qu'il ne faut pas organiser de grosses fêtes », insiste-t-on à l'UTC,

À UniLaSalle, des mesures similaires ont donc été prises en accord avec l'Agence régionale de santé. Si les cours magistraux passent au virtuel, les travaux dirigés (TD) continueront d'avoir lieu, mais en demi-groupe également. « On maintient les travaux pratiques (TP), en groupe réduit également et dans des espaces plus grand », précise Philippe Choquet.

Un campus sous cloche

De par son campus étudiant qui regroupe 1300 futurs ingénieurs dans des résidences étudiantes, une adaptation supplémentaire est requise. « Pas de regroupement dans les chambres à plus de trois, le masque est obligatoire, quand ils sont sur le campus ou quand ils accueillent quelqu'un dans leur chambre », relate le directeur.

Pour les personnes confinées, des paniers repas, préparés par le Crous, sont déposés sur le pas de leur porte. « L'objectif, c'est de limiter la propagation en dehors du campus. »

À l'instar de l'UTC, si l'école ne peut rien imposer, elle « recommande fortement » aux étudiants de ne pas rentrer à leur domicile familial, le week-end. Et la vie au sein de l'école a changé de temporalité.

Pour Clément, 20 ans et membre de l'Association générale des étudiants, « tout a ralenti, on vit en vase clos. » Lui ne sera pas de retour chez ses parents avant au moins deux semaines, « pour être sûr d'être le plus éloigné du Covid possible ».