Entre l’Oise et Paris, les tricoteurs de la ligne K confectionnent des tours de cou pour les plus démunis

La SNCF a lancé sur la ligne K du Transilien, qui relie Crépy-en-Valois à la Gare du Nord, l’opération «Trikot solidaire». Les tours de cou confectionnés par les usagers vont être remis aux plus démunis dans la capitale.

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 Crépy-en-Valois, vendredi. Pascale, « fidèle de la ligne K » a déjà confectionné six tours de cou.
Crépy-en-Valois, vendredi. Pascale, « fidèle de la ligne K » a déjà confectionné six tours de cou. LP/Alexis Bisson

Dans le train du matin, il y a ceux qui ont le nez rivé sur l'écran de leur portable ou sont absorbés dans leur livre, ceux qui en profitent pour prolonger un peu leur nuit… Et il y a les autres… qui tricotent.

Sur la ligne K du Transilien, qui relie Crépy-en-Valois (Oise) à la Gare du Nord, en passant par la Seine-Saint-Denis et la Seine-et-Marne, c'est même devenu la grande tendance du moment.

Depuis début février, la SNCF a lancé sur sa ligne l'opération « Trikot solidaire ». Avec un objectif : mettre à la disposition des voyageurs de la laine et les inviter à confectionner, pendant leur trajet, des tours de cou, aussi appelés « snoods ».

«Utiliser le tricot comme moyen de médiation»

Une fois déposé en gare, l'accessoire hivernal sera remis aux sans-abri lors de maraudes. « Trikoter, c'est les aider », est-il ainsi martelé sur le petit sac rempli de pelotes de laine. Ces kits sont disponibles à l'intérieur des gares de Crépy-en-Valois, du Plessis-Belleville, de Nanteuil-le-Haudouin, de Dammartin-Juilly-Saint-Mard, Mitry-Claye et Aulnay-sous-Bois.

En partenariat avec l'association parisienne « La Balade des lucioles », qui vient en aide aux plus démunis, la ligne K a sollicité six merceries et ateliers de coutures pour fournir gracieusement les pelotes de laine.

Déjà 45 bonnets et autres «snoods» confectionnés

« L'idée, c'est d'utiliser le tricot comme moyen de médiation, résume la SNCF. Avec un double enjeu : l'aide et l'implication citoyenne pour aider les plus démunis, la distraction et le partage entre les voyageurs. » « J'ai même appris à tricoter dans un train de la ligne K grâce à une amie », témoigne Christine, une usagère.

Depuis le début de l'opération, il y a 15 jours, au moins 45 bonnets, écharpes ou snoods ont été réalisés par les usagers et collectés dans les boîtes des gares de la ligne K.

À Crépy-en-Valois, l'initiative rencontre même un succès inattendu. « J'ai déjà tout renvoyé à Paris, sourit une salariée, derrière son guichet. Il y avait une bonne vingtaine de snoods. Ça marche très fort, les gens se servent. J'ai même dû remettre des kits ce matin. Dans le train, beaucoup font du tricot. »

«Je fais ça à l'ancienne, au crochet, comme me l'a appris ma grand-mère»

Parmi les « petites mains » de la ligne K, il y a Pascale, passionnée de tricot et qui fait l'aller-retour Crépy-Paris depuis cinq ans. « J'en ai déjà confectionné six et je prépare le septième, sourit la Crépynoise. Au début, j'ai cru à une arnaque, ça ne ressemblait pas trop à une opération de la SNCF. Et puis j'ai vu les pelotes en gare. Je n'ai pas hésité, c'est une belle opération de solidarité. Dès qu'ils remettent de la laine, je prends un sac. »

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Mais pas question pour l'expérimentée couturière de confectionner les tours de cou à la main, comme proposé sur les tutoriels explicatifs de la SNCF. « Je fais ça à l'ancienne, au crochet, comme me l'a appris ma grand-mère », sourit la voyageuse tricoteuse.

Selon la société ferroviaire, les premiers tricots seront distribués cette semaine, lors d'une maraude de l'association organisatrice. L'opération doit se poursuivre jusqu'au 19 mars.