Dépôts sauvages : à Beauvais, la ville nettoie et envoie la facture

Face aux déchets qui s’accumulaient sur une propriété privée, la municipalité a fait appel à une société pour enlever les dépôts sauvages. Coût de l’opération : 21 500 €, qu’elle espère récupérer auprès du propriétaire.

 Le terrain en question après le passage de la société de nettoyage.
Le terrain en question après le passage de la société de nettoyage. DR

Face aux dépôts sauvages, la ville ne plaisante plus. La municipalité de Beauvais vient de faire enlever par une société spécialisée les kilos de gravats, de ferrailles et autres mobiliers jetés en bordure de la rue de la Batelière, cette impasse qui mène à la boutique Emmaüs. Coût de l'opération : 21 500 €. Une somme qui sera facturée au propriétaire du terrain, qui n'a pu être joint.

Cela faisait plusieurs mois que des riverains observaient, impuissants, l'amoncellement de détritus sur ce chemin à l'abri des regards. « Il faut que la mairie fasse quelque chose car c'est en train de devenir une véritable déchetterie ici », s'agaçait Marie-Christine, croisée en juin 2020, après qu'un incendie s'était déclaré sur les lieux.

«Cette attitude passive est intolérable»

Devant cette problématique, la municipalité a souvent répété qu'il s'agissait d'un terrain privé, en dehors de son rayon d'action. Mais finalement, le 1er février, la ville a décidé de prendre un « arrêté de remise en état d'office » des parcelles en question, un an après avoir mis en demeure le propriétaire afin de lui « ordonner de procéder à l'enlèvement des déchets, au nettoyage et à l'entretien ».

« Face à la défaillance du propriétaire de ce site privé qui a ignoré les différents avertissements, les mises en demeure et injonctions à agir, c'est donc la ville de Beauvais qui a dû intervenir et piloter cette remise en état aux frais du propriétaire, explique la maire (DVD) de Beauvais Caroline Cayeux. Cette attitude passive est intolérable, tout autant que les attitudes irrespectueuses qui dégradent notre environnement et cadre de vie. » Et représente « un risque pour la sécurité et la salubrité publiques ».

Bientôt une caméra installée

Ainsi du 8 au 18 février, la mairie a fait appel à une entreprise pour « le ramassage de tous les déchets sur les parcelles concernées » avant que des employés municipaux procèdent au « nettoyage complet de la chaussée ». La facture devrait être envoyée prochainement. Aussi, une caméra devrait y être très prochainement installée pour compléter les patrouilles des brigades vertes.

« C'est quelque chose que nous avons souhaité faire pour l'intérêt public, indique le cabinet de Caroline Cayeux. Le problème avec ce type de site est que les ordures en appellent d'autres. Mais il faut que chacun prenne ses responsabilités : le propriétaire du terrain comme les citoyens ou entreprises qui s'octroient le droit de venir polluer les lieux. »

«Une procédure lourde et complexe»

Si la verbalisation des contrevenants en termes de dépôts sauvages sur un terrain public est de plus en plus répandue, la méthode employée à Beauvais sur ce terrain privé l'est moins. « C'est une procédure qui peut être lourde et complexe et qui n'est pas à la portée des plus petites communes », souligne Christophe Diertrich, l'inventeur de la médiatisée méthode du retour à l'envoyeur.

« Contrairement à Beauvais elles n'ont pas les moyens techniques, juridiques et financiers pour le faire, décrypte-t-il. D'autant plus que la question du recouvrement est souvent compliquée. » Selon lui, l'action menée par la ville préfecture est un signal fort. « C'est de l'écologie pragmatique, souligne-t-il. Et cela prouve que les maires sont prêts à prendre ce problème à bras-le-corps. »