Dans le Noyonnais, on s’active pour faire pousser le fruit star de 2020, la fraise

Dans la patrie des fruits rouges, les maraîchers s’activent pour planter suffisamment de fraises pour répondre à la demande. L’an passé, avec le confinement, ils ont frôlé la pénurie.

 Crisolles, le 18 février. À Crisolles, la ferme de Rimbercourt prépare déjà la saison des fraises. Les premiers plants sont plantés sous les serres.
Crisolles, le 18 février. À Crisolles, la ferme de Rimbercourt prépare déjà la saison des fraises. Les premiers plants sont plantés sous les serres. LP/Stéphanie Forestier

Les frimas de l'hiver ne sont pas encore passés que déjà les pieds de fraises prennent racine dans le Noyonnais. Noyon est célèbre pour sa fête des fruits rouges chaque été. Ses producteurs ont donc une réputation à tenir. Ils envisagent surtout de ne pas néglige r le fruit, qui a fait se déplacer les foules l'an passé : la fraise.

À la ferme de Rimbercourt, à Crisolles, Paul-Henri Carlu commence à planter ses fraises sous serre. 60 000 plants en tout sur un hectare. « Ce seront les premières à arriver ! Celles de pleine terre ont été plantées en août sur 75 ares. On veut être sûr de proposer nos fraises de mai à octobre. » Son équipe d'une dizaine de saisonniers fidèles va être renforcée par une dizaine d'autres en mai et juin pour la récolte et la vente à la boutique et sur les marchés.

En 2020, pendant la période de confinement, le jeune agriculteur de 27 ans a été surpris par l'engouement populaire pour ses fraises. « J'habite un petit village et mon magasin est dans ma ferme, pas très visible. Les gens faisaient la queue pour en chercher. C'était incroyable. Habituellement, on a toujours des pertes, alors on fabrique du pétillant, de la confiture ou des sirops. En 2020, on a eu zéro perte. J'ai même dû fermer plusieurs jours car je n'avais plus rien à vendre. Des clients m'en commandaient 20 kg ! Ils congelaient et faisaient des sorbets… »

Crisolles, le 18 février. À Crisolles, 60 000 pieds de fraises sont plantés sous un hectare de serre.LP/Stéphanie Forestier
Crisolles, le 18 février. À Crisolles, 60 000 pieds de fraises sont plantés sous un hectare de serre.LP/Stéphanie Forestier  

Même constat, à quelques kilomètres de là, à Lagny, chez Edouard Lhotte de « Fraises et Asperges ». Lui aussi a dû freiner les motivations de ses cueilleurs le temps que les fraises repoussent. « Il n'y en avait plus une dans le champ. Les cueillettes étaient devenues des espaces de liberté. Les gens pouvaient sortir de chez eux en cochant la case « course alimentaire », profiter de la nature et des fraises. Ça marchait déjà bien avant, mais le Covid a boosté nos ventes comme jamais. »

Du lien social

Alors, l'agriculteur a décidé de passer de 15 000 pieds à 20 000. « On va planter en mars. Cette année, j'essaye une nouveauté : la Verdi ».

À Crisolles, Paul-Henri Carlu va lui aussi ajouter des plants en plus mais il ne veut pas s'emballer. Il ne s'attend pas au même rush. « À moins que le gouvernement ne déclare un autre confinement strict, ça m'étonnerait qu'on revive ces heures de gloire. On n'était pas prêt pour ça ! »

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Malgré tout, il a fidélisé une bonne partie de sa clientèle. « Il y a eu une prise de conscience et beaucoup de personnes se sont orientées vers les produits locaux. Quand on a fermé notre boutique en octobre, les gens étaient tristes. Du coup, on rouvre le mois prochain et cette fois, elle restera ouverte toute l'année. Toutes ces boutiques de producteurs créent du lien social et nous sommes fiers d'y contribuer. »