Dans l’Oise, les petits producteurs de cidre épargnés par la crise

Parce qu’ils bénéficient de circuits de distribution courts ou qu’ils ont une autre activité à côté, les petits exploitants de pomme ont pu traverser 2020 sans trop de dommages.

 Moliens, ce vendredi. Jacques Bouteleux, producteur-récoltant de la cidrerie des Anges presse les dernières pommes de sa récolte de l’année. Il devrait produire 1 500 bouteilles de cidre et autant en jus de pomme.
Moliens, ce vendredi. Jacques Bouteleux, producteur-récoltant de la cidrerie des Anges presse les dernières pommes de sa récolte de l’année. Il devrait produire 1 500 bouteilles de cidre et autant en jus de pomme. LP/P.C.

Jacques Bouteleux, propriétaire récoltant de la cidrerie des Anges de Moliens, presse les dernières pommes de sa récolte. « Celles-là sont destinées à faire du jus de pomme, précise-t-il. Les pommes pour le cidre sont déjà en train de fermenter dans les cuves. L'année a été plutôt bonne avec un peu plus de 7 tonnes récoltées. »

Quant à la crise sanitaire, Jacques Bouteleux l'a traversée sans trop de dommages. « Je m'attendais à bien pire, avoue-t-il. Entre les ventes sur les marchés de Moliens, Escles Saint-Pierre, Romescamps, Sarcus et celles dans ma boutique, je vais réussir à écouler mes 1500 bouteilles de cidre comme les 1 500 de jus de pomme. »

«La taille réduite de mon exploitation m'a clairement sauvé»

Il reconnaît cependant que sa situation n'est pas vraiment comparable avec celle des grandes cidreries. « Je fais tout à l'ancienne en pressant les pommes manuellement, souligne-t-il. Ce sont mes pommes, je ne dépends de personne et je ne pourrais pas produire plus. La taille réduite de mon exploitation m'a clairement sauvé de cette crise. »

C'est sensiblement la même chose pour Bruno Bussy, propriétaire récoltant des Vergers Crépicordiens installés à Crèvecoeur-le-Grand. « Je vais moins vendre cette année mais ce n'est pas dramatique, prévoit-il. J'ai perdu ma clientèle des marchés de Noël mais je vais m'adapter. » Quitte à faire du stock.

« J'ai de la place pour conserver ce que je ne vendrai pas, indique-t-il. Ces stocks ne seront pas périssables et pourront être vendus quand la situation sera redevenue normale. » Le fait que Bruno Bussy ait une autre activité professionnelle lui permet également de modérer les choses. « Mon discours serait sans doute différent si je ne vivais que de la vente de cidre », concède-t-il.