Covid-19 : les bars et restaurants de l’Oise rappelés à l’ordre

Policiers et gendarmes multiplient les contrôles pour vérifier le respect des règles sanitaires dans les établissements recevant du public. Sept ont déjà fait l’objet d’une fermeture administrative. Reportage.

 Compiègne, mercredi 30 septembre. En cas de non-respect des consignes, notamment l’obligation de porter un masque ou l’interdiction de consommer debout, la police peut dresser des amendes. Les sanctions peuvent aller jusqu’à une fermeture administrative, prononcée par le préfet.
Compiègne, mercredi 30 septembre. En cas de non-respect des consignes, notamment l’obligation de porter un masque ou l’interdiction de consommer debout, la police peut dresser des amendes. Les sanctions peuvent aller jusqu’à une fermeture administrative, prononcée par le préfet. LP/C.B.

Il est 22 heures ce mercredi quand cinq policiers prennent la direction du centre-ville de Compiègne. Objectif de la soirée : s'assurer que les règles sanitaires sont bien respectées dans les bars et restaurants de la ville. La préfète de l'Oise a en effet demandé aux forces de l'ordre de mettre en place des contrôles renforcés dans les établissements recevant du public.

De nombreuses violations aux règles sanitaires ont ainsi été constatées. Elles ont conduit ces derniers jours à la fermeture administrative de sept restaurants et débits de boissons à Beauvais, Creil et Compiègne. Et la préfecture menace : « En fonction des résultats des contrôles en cours et programmés, d'autres décisions de fermeture pourront suivre ».

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Le Macadam café à Compiègne pourrait être le prochain sur la liste. A l'arrivée des policiers, en civil pour constater le comportement des uns et des autres, le serveur ne porte pas de masque. Un client sirote une boisson au bar et un autre homme déambule sans masque pour aller se servir lui-même derrière le comptoir.

Prévention… et répression

Les deux fonctionnaires appellent du renfort. Leurs collègues, en tenue de service, arrivent et vérifient les identités des personnes mises en cause. Le serveur et le client sans masque, qui prétend travailler ponctuellement comme barman dans l'établissement, font l'objet d'une verbalisation : 135 euros chacun. Le client installé au comptoir est quant à lui prié d'aller s'asseoir autour d'une table.

« Ce qui me gêne c'est que ce sont des personnes qui travaillent dans l'établissement qui ne respecte pas les règles, explique le commandant Tanguy Nuyttens. C'est inquiétant pour la suite ! » Des notes sont prises pour rédiger un rapport sur les constats effectués. « La préfecture décidera si elle ouvre ou pas une procédure pour fermeture administrative », ajoute le commissaire Pierryck Boulet.

Plus loin, au bar l'Entrepotes, cinq jeunes sont agglutinés au comptoir. Les policiers pensent qu'ils consomment. En réalité, ils attendent leur commande. L'un des deux fonctionnaires demande alors au serveur d'éviter ce système et prodigue quelques « conseils d'amélioration » : mettre du gel hydroalcoolique à disposition des clients, dans la salle située au 1er étage, multiplier les affichages de prévention.

«On passe notre temps à rappeler les consignes»

« Le week-end, lorsqu'il y a plus de monde, on met quelqu'un à la porte pour qu'il fasse rentrer les clients deux par deux, précise le gérant de l'établissement. Et on passe notre temps à rappeler les consignes. Des fois, je me fâche. Mais ce n'est pas facile. On a tellement peur que les problèmes arrivent… »

« C'est applicable mais c'est usant », reconnaît un policier. La soirée se finit sur cet échange. Mais les contrôles reprennent ce jeudi. Un nouveau rituel que les gendarmes ont également adopté.

Sur le secteur de la compagnie de Senlis, une patrouille composée de trois réservistes contrôle plusieurs fois par semaine, « les lieux où les gens peuvent se regrouper ». Les bars et restaurants font donc l'objet d'une surveillance accrue, tout comme les gares, maisons d'associations et abords d'école. « On n'a pas recensé d'établissement qui ne respecte pas les règles », précise le chef d'escadron Guillaume Breugnot.