Covid-19 : des parents volontaires pour aider dans les établissements scolaires

Face aux absences de membres du personnel touchés par le virus, et pour appliquer le protocole sanitaire renforcé, le système D prévaut parfois dans les écoles, collèges et lycées. Dernier exemple en date à Mouy, pour assurer la cantine.

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 Un appel aux parents a été lancé au collège Romain-Rolland de Mouy pour venir aider au service de la cantine, en manque de personnel.
Un appel aux parents a été lancé au collège Romain-Rolland de Mouy pour venir aider au service de la cantine, en manque de personnel.  LP/J.B.

Quand le Covid-19 s'attaque au personnel des établissements scolaires, ces derniers peuvent compter sur la solidarité des parents, comme au collège Romain-Rolland, à Mouy, où quatre d'entre eux vont venir prêter main-forte aux encadrants de la cantine, dès lundi selon l'académie d'Amiens.

Un renfort qui fait suite au dernier conseil d'administration, qui s'est tenu le 1er février. « Madame la Principale a précisé que le collège n'a pas les moyens humains pour pouvoir faire face au nouveau protocole sanitaire », a indiqué Julien Quintin, secrétaire départemental du syndicat FSU Oise.

Un dispositif déjà testé pour les écoliers de Chantilly

Depuis, des agents contractuels sont arrivés, envoyés par le département, pour aider au service de la mi-journée. « Les parents présents ont spontanément proposé leur aide, détaille l'académie. À tour de rôle, deux par deux, pour encadrer les enfants. »

D'autres, s'ils en avaient l'envie, n'en ont pas la possibilité. « Ce n'est pas possible avec mon travail, souffle la maman d'une collégienne devant l'établissement. Le seul jour où j'aurais pu le faire, c'est le mercredi, mais il n'y a pas de cantine… »

Quoi qu'il en soit, la restauration scolaire doit bien tourner. « On peut supposer que les parents qui placent leurs enfants à la cantine n'ont pas d'autre choix par rapport à leurs obligations professionnelles », appuie Hubert Salaün, porte-parole de la fédération des parents d'élèves de l'enseignement public (PEEP). Quant à faire appel à des parents « pour dépanner sur un jour ou deux, pourquoi pas ».

Cela s'est d'ailleurs déjà vu. « C'est ce qu'ont fait les élus de Chantilly lorsqu'il y a eu des malades et des cas contacts dans les écoles. Mais sur le plus long terme et au collège, cela me paraît plus délicat. On imagine mal des parents d'élèves servir les professeurs à la cantine ! Et c'est un vrai métier, il y a une façon de travailler ou de s'adresser aux enfants. On ne peut pas faire n'importe quoi. »

À Senlis, des parents pour surveiller la récré

Il n'en demeure pas moins que le système D et le recours aux parents ou à des intervenants extérieurs sont devenus plus fréquents au fil d'une crise sanitaire qui s'éternise. À Senlis, au collège de la Fontaine-des-Prés, les parents d'élèves se sont ainsi transformés en assistants d'éducation pendant quelques jours, fin 2020, pour suppléer les personnels touchés par le coronavirus.

Un rôle endossé par la force des choses et qui a renforcé la conviction des parents d'élèves senlisiens à propos du manque de moyens humains dans le collège, et d'un besoin de renforts, qu'ils ont souligné par courrier à trois reprises auprès du ministère de l'Education nationale. Sans réponse à ce jour…

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À Compiègne le mois dernier, ce sont les maîtres nageurs de la piscine qui ont renforcé l'équipe d'accompagnateurs à la cantine. Un coup de main qu'ils ont tous volontiers donné dans la mesure où les piscines de l'agglomération sont toujours fermées. La crise sanitaire et les difficultés supplémentaires qu'elle a fait apparaître auront au moins développé la solidarité envers la communauté éducative.