Covid-19 dans l’Oise : l’appel à l’aide du centre équestre de Cires-lès-Mello

Repris par deux jeunes passionnées d’équitation en septembre 2019, la structure est en sursis, menacée par la crise sanitaire. Les gérantes, qui doivent réunir 20000 euros rapidement, ont déjà dû vendre des chevaux. Un membre du club a lancé une cagnotte.

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 Cires-lès-Mello, ce mardi. Devant la situation économique, le club se retrouve même obligé de vendre des chevaux.
Cires-lès-Mello, ce mardi. Devant la situation économique, le club se retrouve même obligé de vendre des chevaux. LP/Simon Gourru

Au bout d'un chemin rendu boueux par les dernières intempéries, le centre équestre Joie de vivre a de plus en plus de mal à porter son nom. Avec la crise sanitaire, c'est en effet la survie du club qui est en jeu : si les deux cogérantes ne trouvent pas 20000 euros dans les jours à venir, elles pourraient tout simplement mettre la clé sous la porte.

Vingt-cinq chevaux se partagent cet espace boisé à la frontière des communes de Cires-lès-Mello et de Balagny-sur-Thérain (Oise). Si l'écurie existe depuis une trentaine d'années, Charlyne Chollier et Elsa Desvignes, âgées de 23 ans, en ont repris la gestion en septembre 2019. Quelques mois avant le premier confinement.

« Nous n'avons pas eu le temps de mettre de côté un peu de trésorerie, nous étions encore en phase de lancement », souffle Charlyne. Jusqu'à la mi-mai, arrêt total, et si les cours ont ensuite repris pour les 80 licenciés, aucune des manifestations organisées régulièrement sur place ne peut se dérouler.

« Ni les compétitions, ce sont donc des rentrées d'argent en moins. Pendant ce temps-là, les dépenses courantes se poursuivent et il faut bien payer le crédit, l'assurance et le loyer », souffle la gérante. Et acheter tout le nécessaire pour l'entretien et la nourriture des chevaux.

Une cagnotte en ligne est ouverte

Principalement de la paille, pour la litière, des granulés et du foin, pour nourrir les bêtes. « Avec 1500 euros de foin, nous tenons deux à trois semaines. Un cheval en mange 10 kg par jour, cela va vite avec 25 animaux. »

Au bord du gouffre, le club se retrouve dans l'obligation de faire appel aux dons pour survivre. La mère d'un des jeunes adhérents du club a même lancé une cagnotte en ligne.

Un fermier de la Somme a, lui, offert cinq tonnes de paille, mais impossible pour les deux gérantes d'aller le chercher. « Il nous faudrait un poids lourd ou une plate-forme pour nous en occuper, nous n'avons pas le matériel nécessaire pour un si grand volume. »

«Nous sommes contraintes de vendre des chevaux»

Et même si le club arrive à réunir la somme nécessaire, Charlyne Chollier n'est pas très optimiste. « Tant que les compétitions et manifestations sont interdites ce sera compliqué. Et si jamais on a un nouveau confinement et un autre arrêt des cours, ça sera foutu. Nous sommes déjà contraintes de vendre certains chevaux pour nous en tirer. »

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Ailleurs dans l'Oise, la situation est moins délicate pour les 120 clubs qui regroupent 12500 licenciés. « A l'échelon national, nous sommes une des rares fédérations à avoir engrangé un surplus d'adhérents », se félicite même Laurence Gagneau, la présidente du comité départemental.

« La situation des écuries de Cires-lès-Mello est particulière. Ailleurs, il n'y a pas de cas aussi grave, assure-t-elle. Le manque à gagner est bien réel et la situation reste délicate, c'est du temps et du travail en plus pour appliquer le protocole sanitaire. Mais nous sommes loin d'être les plus à plaindre. »