Covid-19 : au centre de vaccination de Crépy-en-Valois, «on voit le bout du tunnel»

Trente personnes ont été vaccinées ce lundi. Le soulagement prime dans cette commune de l’Oise, la première de France à avoir été touchée par le coronavirus. Du moins, tant qu’il y aura des doses…

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 Ce lundi, à la maison médicale de garde, à Crépy-en-Valois. Pour le lancement de cette campagne de vaccination grand public, 30 personnes se sont fait vacciner.
Ce lundi, à la maison médicale de garde, à Crépy-en-Valois. Pour le lancement de cette campagne de vaccination grand public, 30 personnes se sont fait vacciner.  LP/Juliette Duclos

Isolé des regards par les grands paravents blancs, Jean-Louis, 83 ans, tente tout d'abord de relever la manche de sa chemise. Dubitative, l'infirmière finit par lui demander de l'enlever. « Allez, on est plus à ça prêt », sourit-il en ôtant ses bretelles. « Il me faut votre nom et votre numéro de carte vitale », déclare ensuite la professionnelle de santé, tout en se saisissant d'une seringue.

Considéré comme une personne à risque, « avec une hypertension artérielle pulmonaire », cet habitant de Crépy-en-Valois fait partie des premiers Français concernés, ce lundi, par le lancement de la campagne de vaccination du grand public. La semaine passée, 3488 personnes ont été vaccinées dans l'Oise, soit 1095 résidents en Ehpad et 2393 professionnels de santé de plus de 50 ans.

Salle des fêtes, hôpitaux, maison médicale… Ce lundi, douze centres étaient opérationnels pour accueillir les personnes âgées de plus de 75 ans et celles souffrantes de « pathologie à risque » dans le département. Trois sites supplémentaires devraient ouvrir d'ici mercredi prochain.

Une ambiance sereine

Une fois la piqûre passée, Jean-Louis remet ses affaires, aidé par sa compagne. « Cela va nous rassurer, glisse Elisabeth, 73 ans. On va pouvoir recevoir plus facilement des visites. » Dans cette maison médicale de garde, reconvertie pour l'occasion en centre de vaccination, l'atmosphère est calme, les discussions se font légères même.

« Il ne manque qu'un petit café », plaisante une retraitée qui attend patiemment dans la salle avant de rentrer à son domicile. « C'est pour être sûr que les personnes ne font pas de réaction allergique », précise une infirmière. Pour tromper l'ennui, certains ont sorti un livre, de vieilles connaissances papotent.

Danielle, 75 ans, était « très volontaire » pour se faire vacciner. « Disons que je n'ai pas vu mes petits enfants depuis longtemps, on n'a rien fait à Noël, rien au Nouvel An, ça va nous ouvrir des horizons, c'est sûr », assure cette habitante de Duvy.

«On est un peu les Mauricette de Crépy»

« C'est surtout nos enfants que le vaccin va libérer, ce sont eux qui ont peur pour nous », complète Claire, 78 ans. Elles plaisantent entre elles : « On est un peu les Mauricette de Crépy », du prénom de la première Française à avoir été vaccinée.

Bref, une simple piqûre mais qui permettra aux habitants de retrouver un peu de sérénité. D'autant plus qu'à Crépy-en-Valois, l'année a été longue. « Nous, on a été confinés avant tout le monde », ajoute Elisabeth. C'est dans cette commune que la première victime française du virus avait été recensée.

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Et c'est dans cette commune que des mesures restrictives avaient été mises en place, 15 jours avant le reste du territoire. « On est soulagés aussi de réaliser nos premiers vaccins, on a vécu des mois difficiles, donc on a l'impression de voir le bout du tunnel », confie Marylise Albert. Pour cette infirmière libérale : « On se dit qu'on va peut-être revivre normalement. »

Une pénurie de vaccins ?

Tout au long de l'après-midi, les rendez-vous s'enchaînent, le protocole est rodé. Ici, 60 personnes vont être vaccinées par jour. « On a eu 800 rendez-vous de pris en deux jours, précise Bruno Fortier, le maire sortant (DVD). Les gens ont répondu présent, ils ont envie de se faire vacciner. » Mais malgré cette forte demande, le flou perdure.

« La préfecture m'a indiqué que nous serions en manque de dose à partir de la semaine prochaine, c'est inadmissible », gronde l'élu. Pourtant, 5000 doses de vaccin devaient être livrées par semaine aux différents centres mis en place.

« Peut-être qu'on nous demandera de déprogrammer des rendez-vous. Mais mettez-vous à la place des gens qui sont fragiles », c'est une honte, s'énerve l'élu. Contactée, la préfecture n'a pas répondu à nos sollicitations.