Compiègne : le camp de Royallieu, objet du livre d’Anne Sinclair

Dans La rafle des notables, la journaliste évoque la déportation de son grand-père en décembre 1941, aux côtés de 742 autres juifs Français.

 Compiègne, ce samedi. Anne Sinclair est venue dédicacer son livre La rafle des notables au Mémorial de l’internement et de la déportation.
Compiègne, ce samedi. Anne Sinclair est venue dédicacer son livre La rafle des notables au Mémorial de l’internement et de la déportation. LP/C.B.

« Compiègne ne m'évoqua rien, sinon une incroyable proximité avec Paris. » Après plusieurs années de recherches, Anne Sinclair sait désormais que l'histoire d'une partie de sa famille est liée à la cité impériale. Ce samedi, la journaliste, ancienne présentatrice vedette de 7 sur 7, est venue dédicacer son livre La rafle des notables, paru aux éditions Grasset en mars dernier, au Mémorial de l'internement et de la déportation.

Un lieu ô combien symbolique puisque c'est dans le camp de Royallieu que son grand-père paternel, qu'elle n'a jamais connu, a été déporté le 12 décembre 1941. Léonce Schwartz est arrivé de Paris aux côtés de 742 autres juifs, des magistrats, avocats, écrivains. La troisième rafle organisée à Paris. Malade, il est transféré deux mois plus tard à l'hôpital du Val-de Grâce. « C'est extrêmement émouvant de me trouver ici », a-t-elle confié au micro devant un auditoire admiratif.

Anne Sinclair a pris la parole durant plus d’une heure avant d’entamer une séance de dédicaces./LP/C.B.
Anne Sinclair a pris la parole durant plus d’une heure avant d’entamer une séance de dédicaces./LP/C.B.  

Une rafle dite des notables

Dans une quête personnelle, Anne Sinclair a finalement mis en lumière un chapitre de l'Occupation. « Une tragédie déchirante et mal connue », décrit-elle dans son livre. C'est en effet cette rafle, dites des notables par les historiens, qui a fourni le premier contingent de juifs français déportés vers Auschwitz, en mars 1942. « Mon grand-père est l'illustration de cette histoire, a-t-elle expliqué. Je veux témoigner de cette histoire collective, en être le haut-parleur. »

Des mots qui ont fait sens pour de nombreux descendants de déportés, présents au Mémorial pour rencontrer la journaliste. « Ce souvenir, beaucoup de Compiégnois l'ont gardé, a témoigné une femme. Moi-même, je ne peux pas aller à la gare de Compiègne sans avoir un certain recul, car j'ai vu ces convois. Compiègne se souvient et la ville nous a donné ce Mémorial… »

Compiègne, deuxième camp après Drancy

Ouvert depuis 2008, le Mémorial, qui a la particularité d'être in situ, a pour but de transmettre aux nouvelles générations les heures sombres de la Seconde Guerre mondiale. Car c'est ici que près de 50 000 hommes et femmes ont transité avant d'être déportés pour la grande majorité. Faisant ainsi de lui, le deuxième camp français le plus important après celui de Drancy (Seine-Saint-Denis).

« Votre travail permet de prendre la mesure de la complexité du camp de Royallieu, a salué Aurélien Gnat, le directeur du Mémorial. Votre livre est un éclairage particulier sur un moment de vie du camp. »

Mais dans ce livre très personnel dédié à ses enfants et petits-enfants, Anne Sinclair repart avec des questions auxquelles elle n'a trouvé de réponses. Comment son grand-père a-t-il pu quitter l'hôpital du Val-de-Grâce ? Où se sont-ils cachés par la suite avec sa grand-mère ?

Plus d’une centaine de personnes sont venues faire dédicacer leur livre./LP/C.B.
Plus d’une centaine de personnes sont venues faire dédicacer leur livre./LP/C.B.