Compiègne : d’où venaient les voix entendues par le meurtrier ?

Placé en détention provisoire ce vendredi et mis en examen, l’homme de 28 ans a expliqué avoir tué son colocataire après avoir entendu des voix sur son téléphone portable.

 Compiègne, ce vendredi. C’est dans cette résidence qu’un homme de 28 ans a poignardé son ami d’enfance de 32 ans dans son sommeil.
Compiègne, ce vendredi. C’est dans cette résidence qu’un homme de 28 ans a poignardé son ami d’enfance de 32 ans dans son sommeil. LP/Stéphanie Forestier

Mohand Akli A. a été mis en examen pour meurtre, ce vendredi, suspecté d'avoir poignardé son ami dans un appartement de la rue des Domeliers, à Compiègne, mercredi. Placé en détention provisoire, il devrait être vu par un expert psychiatre en début de semaine.

L'homme de 28 ans s'était constitué prisonnier dès le matin du drame auprès de la police municipale de Compiègne, en affirmant aux agents qu'il avait poignardé Brahim L., son colocataire et ami.

L'arme a été retrouvée sur place : un couteau à légumes, la lame cassée en deux. Son ami, de quatre ans son aîné, était mort sur son lit. Il aurait succombé à un coup de couteau en plein cœur, dans son sommeil. L'autopsie qui sera pratiquée lundi devrait préciser la thèse défendue par les policiers du commissariat.

A Compiègne pour trouver « la paix intérieure »

Les enquêteurs s'attellent sur la piste d'un possible complice. En effet, le mis en cause a expliqué être passé à l'acte après avoir entendu des voix qui sortaient de son téléphone portable. « Le téléphone est exploité, on vérifie les appels entrants pour déterminer si une personne extérieure à ce huis clos ne serait pas intervenue », indique-t-on au commissariat.

Car le contexte est pour le moins mystique. Lors de sa garde à vue, Mohand Akli a expliqué être passé de religion en religion. De confession musulmane, il serait ensuite devenu chrétien puis « christiano-bouddhiste ». Originaire d'Algérie, comme son colocataire, il aurait vécu dans sa famille à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine) avant de déménager à Compiègne voilà à peine un mois pour trouver « la paix intérieure ». Il voulait « changer d'air », « s'ouvrir au monde » et commencer à méditer.

Est-il pénalement responsable de ses actes ?

C'est donc avec un ami qu'il connaît depuis douze ans, Brahim, qu'il emménage au 19 de la rue des Domeliers. Les deux compères s'apprécient. « Brahim est comme un frère », indique le meurtrier présumé à la police. Ils avaient tout deux travaillé sur des chantiers et cherchaient un nouvel emploi à Compiègne.

L'enjeu pour les enquêteurs est désormais de savoir si Mohand Akli est pénalement responsable de ses actes ou s'il y a eu une altération de la capacité de discernement. Ce dernier est en effet consommateur de stupéfiants depuis 17 ans.