Chaumont-en-Vexin : face au projet de parking, ils veulent sauver libellules, grenouilles et papillons

Les importants travaux de la plaine du Moulin-Baudet commenceront le 19 octobre, malgré l’opposition de certains habitants réunis en collectif pour préserver la faune.

 Chaumont-en-Vexin, ce mercredi. Habitants et élus d’opposition aimeraient préserver en l’état la zone humide de la plaine du Moulin-Baudet.
Chaumont-en-Vexin, ce mercredi. Habitants et élus d’opposition aimeraient préserver en l’état la zone humide de la plaine du Moulin-Baudet. LP/CB

Il fait un peu humide ce mercredi et une averse vient de tomber sur Chaumont-en-Vexin, mais Pauline se dirige, avec sa poussette, vers la plaine du Moulin-Baudet, un espace vert en centre-ville, avec des jeux pour enfants, que les Chaumontois connaissent bien. Son fils de 3 ans est parti devant avec le papa. « C'est un endroit qu'il adore, il voit toujours des petites bêtes! Faire un parking ici, c'est vraiment nul », tranche la jeune femme.

Le 19 octobre commenceront les travaux d'un vaste chantier dont le coût total avoisine les 650 000 €. Initié par l'ancien maire, Pierre Rambour, le projet, revu à la baisse par la nouvelle maire Emmanuelle Lamarque, consiste à créer 49 places de stationnement végétalisées ainsi qu'une voie d'accès pour les cars scolaires. Des premiers travaux compensatoires, pour empêcher que la faune présente ne disparaisse avec les travaux, ont déjà commencé.

À l'heure actuelle, les deux cars scolaires, celui qui transporte les enfants depuis Jaméricourt et le car pour la piscine, bloquent la circulation en centre-ville aux heures de pointe. « Demain, les enfants vont pouvoir, en toute sécurité et avec moins de trajet, accéder aux bus », promet la maire, qui espère en même temps résoudre la circulation « infernale » à la sortie de l'école sur la place de la Foulerie. « Ce projet règle énormément de problèmes en centre-ville, ce n'est pas un caprice », insiste l'élue.

L'Agrion de Mercure, symbole du site pour les opposants

Un collectif d'habitants s'est monté, soutenu par des conseillers d'opposition, qui ne l'entend pas de cette oreille. Pour lui, le projet menace la faune et la flore présentes sur le site. « C'est une zone humide répertoriée, insiste Denis Lavoisier, un de ses membres. Elle abrite les grenouilles vertes de la Troësne qu'on entend beaucoup au printemps, mais aussi des chauves-souris, sauterelles, papillons… » Symbole de cette faune : l'agrion de Mercure, une espèce de libellule protégée par une norme européenne.

« L'idée est de faire un travail sur les berges pour les faire revenir de façon conséquente », promet pourtant Emmanuelle Lamarque, qui affirme avoir « regardé tout ce qui pouvait être amélioré sur cette zone » en collaboration avec un cabinet d'experts ainsi qu'avec le conservatoire des espaces naturels. « Non seulement on ne touche à rien, mais en plus on va améliorer ce site, promet-elle. Des nichoirs vont être installés pour faire venir certaines espèces. Nous allons recréer de la biodiversité. »

L’Agrion de Mercure, une espèce de libellule protégée, est érigée en symbole du site par les opposants au projet. LP/C.B.
L’Agrion de Mercure, une espèce de libellule protégée, est érigée en symbole du site par les opposants au projet. LP/C.B.  

Pour le collectif opposé au projet, l'étude faunistique réalisée fin juillet à la demande de la mairie n'est pas suffisante. « Le naturaliste n'est vu qu'une journée. Il a vu un certain nombre d'espèces mais en a raté autant », souffle Denis Lavoisier.

« Nous ne nions pas la problématique de stationnement, mais un projet global qui inclue une circulation différente dans Chaumont et des alternatives à la voiture auraient pu être développées », estime Dominique Brigant, un conseiller d'opposition. Protéger la biodiversité ou sécuriser un centre-ville à la circulation problématique, tout l'enjeu de la mairie est de trouver un compromis. Mais la pétition lancée par le collectif n'empêchera certainement pas le début des travaux.