Beauvais : il avait poignardé l’amant de sa femme à deux reprises

Ce mardi, le tribunal correctionnel de Beauvais a condamné cet homme de 46 ans à un an de prison ferme pour l’agression qui avait eu lieu le 1er février 2018 devant le bar « Au Bureau ».

 Beauvais, le 1er février 2018. La victime avait bénéficié de 15 jours d’ITT.
Beauvais, le 1er février 2018. La victime avait bénéficié de 15 jours d’ITT. LP/V.G.

Il voulait « juste lui faire peur ». Mais a fini par lui donner deux coups de couteau. Ce mardi, un homme de 46 ans a été condamné à trois ans de prison, dont un an ferme, pour avoir poignardé l'amant de sa femme, le 1 er février 2018 à Beauvais. Bénéficiant dune peine aménageable et inconnu de la justice jusque-là, Jérôme Lavoipierre n'a pas été incarcéré à l'issue du procès. Il devra s'acquitter d'un peu plus de 8 500 € de dommages et intérêts.

Ce jour-là, vers 16 heures, il roule en centre-ville de Beauvais quand il aperçoit le véhicule de son épouse stationné près du bar « Au Bureau ». Pourtant, pense-t-il, celle-ci est censée se trouver chez son psychologue à l'autre bout de la ville. Mais depuis plusieurs mois, Jérôme Lavoipierre le sait : sa femme entretient une liaison amoureuse avec un autre.

« C'est tout ce que tu mérites »

Alors quand il la voit sortir d'un bâtiment au bras de ce dernier son sang ne fait qu'un tour. « C'était la première fois qu'il les voyait ensemble », rappelle son avocate, Emmanuelle Grevot. En décembre 2017, son client avait pourtant eu l'occasion de s'expliquer avec son rival, sans animosité.

Mais ce jeudi, alors que les deux amants pénètrent dans le bar, le prévenu s'approche muni d'un couteau à la lame longue de 15 cm et assène deux coups à la victime avant de s'enfuir. Et de lâcher, selon cette dernière : « C'est tout ce que tu mérites ». Résultat : deux plaies, dont une de dix centimètres au niveau du flanc qui nécessitera une opération du foie et qui vaudra à cet homme de 60 ans 15 jours d'ITT.

S'il reconnaît avoir porté les coups, Jérôme Lavoipierre nie pourtant avoir prémédité son geste. « J'ai pris le couteau sans l'intention de m'en servir mais plutôt pour l'impressionner, il est plus costaud que moi », explique l'intéressé à la barre. « C'est l'acte d'un homme désespéré qui voit la fin de son couple », appuie son avocate.

La préméditation retenue

« Ce n'est pas une révélation pour lui non plus, il était au courant depuis des mois », objecte de son côté Domitille Risbourg, avocate de la victime, qui comme le ministère public, y voit « un acte mûri ». Par ailleurs, plusieurs faits établis par l'enquête pousseront le tribunal à retenir cette préméditation.

Après avoir été mis au courant de la relation adultère, le prévenu s'est rendu à plusieurs reprises devant le domicile de l'amant. Concernant le jour des faits, on le voit sur les enregistrements de vidéosurveillance sortir une première fois de son véhicule les mains vides, puis d'y retourner pour y récupérer le couteau. Une lame dont l'entourage de Jérôme Lavoipierre dira qu'elle se trouvait habituellement dans un tiroir de la cuisine. Et non dans la boîte à gants…

Plus de deux ans après les faits, la victime subit toujours les séquelles de cette attaque, à travers des angoisses et insomnies. Les excuses de son agresseur ? Il n'en veut pas. « J'aurais préféré avoir affaire à un homme ou une explication ». Et non deux coups de couteau.