Beauvais : dans l’atelier ou les bureaux, tous masqués à la Brosserie française

Élisabeth Borne, ministre du Travail, était ce mardi matin à Beauvais, dans les locaux de la Brosserie française. La direction a fait le choix d’imposer le port du masque pour tous, sans demander de dérogation.

 Beauvais, ce mardi. Jusqu’à présent, les salariés pouvaient décider s’ils souhaitaient porter un masque. Ce dernier est désormais obligatoire.
Beauvais, ce mardi. Jusqu’à présent, les salariés pouvaient décider s’ils souhaitaient porter un masque. Ce dernier est désormais obligatoire.  LP/Patrick Caffin

Depuis le déconfinement, les 40 salariés de la Brosserie française de Beauvais avaient le choix de porter, ou non, le masque pendant leur journée de travail. Désormais, comme dans toutes les entreprises du pays, le fabricant historique de brosses à dents 100 % made in France l'impose. Et a décidé de ne pas tolérer d'exception, comme a pu le constater Élisabeth Borne, ministre du Travail, en visite dans la société oisienne ce mardi matin.

« C'est ma responsabilité d'employeur »

« On a choisi de loger tout le monde à la même enseigne, indique Olivier Remoissonnet, le PDG de la Brosserie française. Dans les bureaux comme dans l'atelier, tous les salariés doivent porter le masque. C'est ma responsabilité d'employeur d'avoir un regard sur la santé de mes employés. Autant je suis dans l'innovation en ce qui concerne les brosses à dents, autant, là, il n'y a pas d'alternative. »

Beauvais, ce mardi. Élisabeth Borne (à gauche), ministre du Travail, a fait le tour des ateliers et des bureaux. LP/P.C.
Beauvais, ce mardi. Élisabeth Borne (à gauche), ministre du Travail, a fait le tour des ateliers et des bureaux. LP/P.C.  

La mesure a été acceptée sans trop de réticence par les salariés. « On ne va pas contredire ce que demande l'Etat, déclare Sylvie, qui travaille sur une chaîne de montage et coupage de brosses. Le masque était à disposition avant mais je ne le mettais pas. C'est difficile, il fait chaud en dessous et on doit le porter 7 heures, pas 30 minutes. On sent qu'on respire mal mais on doit appliquer le règlement. »

Sa voisine, Marie-Noëlle, se dit « soulagée de ne pas avoir eu à travailler avec un masque pendant la canicule » et plaint ses collègues qui « vont devoir travailler avec pendant un bout de temps ». « Moi, je prends ma retraite dans trois mois après 42 ans de service, précise-t-elle. J'aurais tout connu ici, une usine avec des centaines de salariés qui devient une PME avec des employés masqués. »

« On fait aussi attention à la distanciation pendant les réunions »

Dans les bureaux, on s'est aussi adapté. « Certains d'entre nous portaient déjà le masque en continu, raconte Claudine, du service marketing. La salle de pause a été fractionnée et on n'y va plus tous en même temps. On fait aussi attention à la distanciation pendant les réunions. »

Optimiste, Olivier Remoissonnet pense que le protocole sanitaire sera bien accepté. « C'est une entreprise ancienne avec une certaine habitude de la résilience, confie-t-il. Ils comprennent que l'intérêt commun passe par une protection personnelle et collective. Tout le monde veut éviter le reconfinement. Quant aux conditions pour le porter, on verra à l'usage, notamment quand il fera plus chaud. »

En cas de non-respect, des sanctions pénales et financières

« Il était important pour moi d'aller voir dans une entreprise comprenant un atelier et des bureaux comment le nouveau protocole sanitaire était appliqué, a expliqué Élisabeth Borne. Ici, on a fait le choix de ne pas demander de dérogation. Tout le monde porte le masque sans distinction entre les salariés. C'est plus simple. »

D'une façon générale, la ministre « compte sur le dialogue social » pour que « ces nouvelles mesures soient respectées ». En cas d'infraction, il y aura « une mise en demeure suivie de sanctions pénales et financières », promet-elle.