Beauvais : «Avec Skola, on est plongés directement dans le métier»

Pour la première fois, cette semaine, la seconde promotion de la boutique pédagogique Skola, installée au Jeu-de-Paume, était en conditions réelles. Douze jeunes sont formés en direct à la profession de vendeur.

 Beauvais, le mardi 9 avril. La formation proposée par Skola est destinée aux jeunes éloignés de l’emploi.
Beauvais, le mardi 9 avril. La formation proposée par Skola est destinée aux jeunes éloignés de l’emploi. LP/Ivan Capecchi

Il est 16 heures, et Ghalia en profite pour faire un point. « N'oubliez pas, dit-elle au groupe de jeunes qui l'entoure. On parle d'une voix claire, avec le sourire, et on ne va pas tout de suite vers la personne. » « C'est important de ne pas agresser le client dès qu'il arrive, sinon on peut le faire fuir », glisse Océane, une apprentie. Pour la première fois ce mardi, la seconde promotion de la formation Skola était en conditions réelles.

Ghalia, formatrice, est la responsable de cette boutique à vocation pédagogique, et dont le concept a été imaginé par la fondation Les Apprentis d'Auteuil. Installée au Jeu-de-Paume, le vaste centre commercial de Beauvais, elle vise à former à la vente douze jeunes âgés de 18 à 25 ans, dans un contexte réel. L'an dernier, d'après Ghalia, 80 % des jeunes qui ont suivi la formation Skola ont trouvé un emploi, soit en CDD, soit en CDI.

LP/I.C.
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Le matin, les jeunes apprennent la théorie dans l'arrière-boutique, qu'ils mettent ensuite en application toute l'après-midi, directement en magasin. « Je trouve le concept vraiment sympa. Ça me paraît être du bon sens que de mêler ainsi la théorie et le pratique », confie Sandrine, une cliente de passage.

La formation, qui dure un peu moins de trois mois, est gratuite. Les jeunes sont rémunérés par Pôle emploi, dans le cadre de l'allocation de retour à l'emploi. Car l'objectif est bien là : favoriser l'insertion professionnelle de jeunes éloignés de l'emploi.

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C'est le cas de Nicolas, 19 ans. Après plusieurs tentatives, il a finalement arrêté sa scolarité avant d'obtenir son bac pro. « Plus tard, dit-il, j'aimerais travailler dans une boutique de costumes pour homme. Si je fais cette formation, c'est pour acquérir de l'expérience. » « En étant ici, j'espère gagner en confiance en moi », complète Alexandra, présente ici dans le cadre d'une reconversion professionnelle.

Aurélie, pour sa part, connaît bien Skola. « Ma sœur l'a faite l'année dernière, explique-t-elle. Depuis, toutes les portes lui sont ouvertes. » Ce qui lui plaît ? L'aspect pratique de la formation. « On est directement plongés dans le métier. Par exemple, hier, je ne savais même pas comment mettre un antivol, maintenant je sais », dit-elle, emballée.