Beauvais : l’avocat déchu mis en examen pour homicide

Dimanche, cet homme d’une cinquantaine d’années aurait étranglé sa compagne de 32 ans à l’aide d’un câble électrique. 

 Beauvais, ce dimanche. Suspecté d’avoir étranglé sa compagne avec un câble électrique, rue Gambetta, un avocat a été mis en examen pour homicide, mardi soir.
Beauvais, ce dimanche. Suspecté d’avoir étranglé sa compagne avec un câble électrique, rue Gambetta, un avocat a été mis en examen pour homicide, mardi soir.  LP/Vincent Gautronneau

Ce mardi, Thierry D. a été mis en examen pour homicide aggravé. Il devait être placé en détention dans la soirée. Dimanche, cet homme d'une cinquantaine d'années aurait étranglé sa compagne de 32 ans à l'aide d'un câble électrique. Terrible chute d'un homme, d'un couple.

Cadre à l'Urssaf, puis avocat, Thierry D. a été ce que l'on peut considérer comme un homme installé à Beauvais. Sa déchéance attriste, choque, mais ne surprend pas au palais de justice. Car tous les avocats ont connu cet homme qui avait n'avait plus le droit d'exercer depuis 2015 après avoir été omis du tableau.

« Thierry, c'est un homme gentil qui a malheureusement eu des problèmes. Cela a perturbé l'exercice de son métier », explique ce confrère. Par pudeur, cet ancien ami n'évoque pas le réel problème de Thierry D. « C'était un homme très sympathique qui a sombré dans l'alcool face aux difficultés », explique cette avocate, qui a travaillé quelques années à ses côtés.

Rapidement après être devenu avocat, Thierry D. déchante. Il ne gagne pas autant d'argent qu'il espérait, tombe dans l'alcool. Au point, selon plusieurs personnes du tribunal de grande instance de Beauvais, de « plaider ivre, parfois ».

Beauvais : l’avocat déchu mis en examen pour homicide

C'est dans ce même tribunal que Thierry D. rencontre Aurélie, alors adjointe de sécurité. Cette jeune femme, la victime, c'est l'autre versant de cette relation tumultueuse et dramatique. Une jeune fille « pas simple », selon un policier qui a travaillé avec elle. « Franchement, on pensait que c'est elle qui finirait par le tuer », lance même un autre policier beauvaisien.

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« Nerveuse », « colérique », cette dernière n'est pas reconduite dans sa fonction après avoir insulté une commissaire. Le couple se bagarre souvent, se sépare, se réconcilie. Selon des proches, la jeune femme frappe régulièrement Thierry D. « C'était clairement un homme battu par sa femme », estime une avocate du barreau de Beauvais qui avait coupé les ponts. Durant sa garde à vue, l'homme aurait tenté d'expliquer son geste. Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité.