Beauvais : retour sur le lieu du meurtre pour l’avocat déchu

Le 18 juin dernier, un avocat tuait sa compagne, adjointe de sécurité au commissariat. Une perquisition a été menée ce mardi matin sur les lieux du drame.

 Beauvais, ce mardi. Perquisition au domicilie de Thierry D., mis en examen pour l’homicide de sa compagne.
Beauvais, ce mardi. Perquisition au domicilie de Thierry D., mis en examen pour l’homicide de sa compagne.  LP/Patrick Caffin

Près de quatre mois après les faits, la rue Gambetta, dans le centre-ville de Beauvais, a de nouveau été troublée par les gyrophares de police. Vers 8h30, ce mardi, un important dispositif a en effet été mis en place afin de procéder à une perquisition sur les lieux où Aurélie N., ancienne adjointe de sécurité du commissariat de Beauvais, avait été tuée le 18 juin dernier. Thierry D., avocat omis du barreau de Beauvais, est suspecté d'avoir, dans cet appartement du troisième étage, étranglé sa compagne avec un câble électrique.

« Ce n'était pas, ce matin, une reconstitution, précise Me Benoit Varin, l'avocat de Thierry D. Les enquêteurs voulaient des objets en plus. Mon client et moi-même devions juste être présents. Il ne s'agissait pas de faire de nouvelles déclarations. »

Une version qui ne varie pas

Incarcéré depuis le drame, Thierry D. est arrivé ce mardi matin encadré d'une escorte de l'administration pénitentiaire, gilet pare-balles sur les épaules et casque sur la tête, pour assurer sa protection. Interrogé il y a quelques jours par le juge d'instruction de Senlis en charge de l'affaire, Thierry D. a « maintenu ses premières déclarations, à savoir une bagarre qui a dégénéré », explique Me Varin. « Pour la famille de la victime, il s'agit bien d'un homicide, voire d'un assassinat, rétorque Me Alexandre Babilotte-Baske. Aurélie N. était fille unique. Ils veulent des réponses. La reconstitution sera utile pour en savoir plus. »

Les policiers ont déjà pu dresser, durant ces derniers mois, le portrait d' un couple qui se déchirait violemment, souvent sur fond d'alcool. Au palais de justice de Beauvais, quelques jours après le drame, de nombreux avocats évoquaient « un homme gentil qui a malheureusement eu des problèmes. Cela a perturbé l'exercice de son métier ». « C'était un homme très sympathique qui a sombré dans l'alcool face aux difficultés », expliquait une avocate, qui a travaillé quelques années à ses côtés.

Un procès début 2018 ?

Certains policiers ayant travaillé avec Aurélie N. parlaient aussi d'une femme « capable d'être violente, qui frappait son compagnon ». Des éléments qui devraient être évoqués au plus tôt « au début de l'année prochaine », par la cour d'assises de Beauvais, dans ce tribunal que Thierry D. a longtemps fréquenté. Il sera cette fois dans le box des accusés.