Avec la crise sanitaire, des cages sont vides à la SPA de Compiègne, une première depuis 20 ans

La pandémie aura au moins eu un effet bénéfique : faire baisser le nombre d’animaux abandonnés aux bons soins de ce grand refuge de l’Oise. Quoique… Les adoptions ont également diminué et les grands chiens sont toujours boudés par les adoptants.

AbonnésCet article est réservé aux abonnés.
 Compiègne. Le refuge SPA de Compiègne a enregistré 27 % d’abandons en moins l’an passé. En revanche, les grands chiens se désespèrent de trouver des maîtres.
Compiègne. Le refuge SPA de Compiègne a enregistré 27 % d’abandons en moins l’an passé. En revanche, les grands chiens se désespèrent de trouver des maîtres. LP/Stéphanie Forestier

Dans le chenil du refuge de la Société protectrice des animaux (SPA) de Compiègne, des cages sont vides. En 21 ans de présence, Christelle Varlet, la directrice, n'avait pas encore connu pareille situation. « Nous avons constaté un recul conséquent des abandons en 2020 et cela se poursuit. De l'ordre de 27 % en moins par rapport à 2019. »

Un record qui dépasse également les chiffres nationaux, qui sont de moins 14 % d'abandons en 2020 soit, malgré tout, plus de 40 000 animaux laissés pour compte. Et à Compiègne, ce sont 956 bêtes qui ont été prises en charge, contre 1 316 en 2019.

«Les gens ont eu besoin de leur chien pour sortir…»

Le refuge a une convention de fourrière avec 150 communes, sur un territoire qui va de Pontpoint à Attichy. Animaux accrochés à la grille du refuge ou en divagation sur la voie publique… Ces situations ont donc été moins fréquentes. « J'ose espérer que les gens se responsabilisent », soupire la directrice.

Elle s'étonne encore : « La période estivale a été calme alors que c'est normalement un pic pour les abandons. Comme les gens ne sont pas partis, ou moins loin, les chiens, notamment, ont eu du répit. Et puis… Pendant les confinements et les couvre-feux, les gens ont eu besoin de leur chien pour sortir… Ça coche une case sur l'attestation. »

Compiègne. Pas facile, pour les vieux chiens, de trouver une famille. LP/Stéphanie Forestier
Compiègne. Pas facile, pour les vieux chiens, de trouver une famille. LP/Stéphanie Forestier  

Cette grande protectrice de la cause animale qui n'a pas la langue dans sa poche rappelle les principaux motifs d'abandon. Les divorces, les allergies ou encore la perte de logement due à une situation financière précaire, ce qui a été le cas de figure le plus fréquemment rencontré par ses équipes en 2020…

Actuellement, le refuge compte une quarantaine de chats à l'adoption et une cinquantaine de chiens. Et malheureusement, si le Covid a fait reculer les abandons, il en est de même pour les adoptions. À Compiègne, 942 animaux ont été adoptés en 2020 contre 1 224 en 2019, soit une baisse de 23 %…

Grâce au télétravail, Pauline a pu adopter Raoul

Fermé lors du premier confinement, le refuge a par la suite accepté les adoptions sur rendez-vous, avant de reprendre finalement une activité normale. Pauline, qui travaille dans une start-up compiégnoise a décidé d'adopter à ce moment-là.

Newsletter L'essentiel du 60
Un tour de l'actualité de l'Oise et de l'IDF
Toutes les newsletters

« Mon entreprise a décidé de pérenniser le télétravail car on est plus productif et ça lui permet d'accueillir des collaborateurs internationaux. Je rêvais d'avoir un chien mais mon travail ne me permettait pas d'être présente pour lui. Désormais, Raoul, un croisé berger, partage ma vie. Quand je le sors, ça me fait une pause. »

Le refuge de Compiègne. LP/Stéphanie Forestier
Le refuge de Compiègne. LP/Stéphanie Forestier  

À la SPA de Compiègne, ce sont surtout les grands chiens qui ont été boudés. « Ce sont eux les perdants du Covid, déplore Christelle Varlet. Petits et moyens sont replacés très rapidement. En moins de quinze jours. » Un peu plus loin, un couple déambule dans les allées du chenil, scrute les cages à la recherche… « d'un petit chien qui ne prenne pas trop de place ».

Seul un candidat semble convenir, « mais on en voudrait un plus jeune ». Recroquevillé dans son panier, à quelques boxes de là, Érone n'aura droit à aucun regard. Ce papi à la truffe grisonnante est là depuis deux ans, depuis qu'il a été mis à la retraite par son maître, un employé d'une société de sécurité.

« C'est notre doyen, il a 12 ans. Il a travaillé toute sa vie. Il mérite de terminer sa vie dans une bonne famille, soupire la directrice, s'attardant devant la cage. Heureusement, on a de grands boxes extérieurs pour qu'ils puissent jouer, nos bénévoles les promènent en forêt. Ça adoucit l'attente. »

A la fondation Clara de Beauvais, pas d'effet Covid

À Beauvais, la fondation Clara, qui gère le pôle animalier, n'a de son côté pas noté d'évolution majeure avec la crise sanitaire. « Il n'y a pas eu plus ou moins d'abandons, c'est le statu quo, indique Albane Perrault, directrice du site. On avait peur de constater des abandons massifs au début de la crise lorsque le risque de transmission du virus par les animaux était évoqué mais en fait il n'en a rien été. »

La seule différence a résidé dans le nombre de chats errants ramassés. « Lors du premier confinement, nous avons eu moins de chats parce que les gens ne sortaient plus, souligne la directrice. Depuis, les choses sont revenues à la normale. Il n'y a pas eu d'effet non plus sur les adoptions. » Aujourd'hui, le refuge compte une trentaine de chiens et une vingtaine de chats à l'adoption.

Refuge SPA, 2, avenue de l'Armistice, à Compiègne. Tél. 03.44.40.21.20. www.la-spa.fr/compiegne. Fondation Clara, 55 chemin de la Cavée-aux-Pierres, à Beauvais. Tél. 03.44.08.42.85.