Appilly : une étude pour que les inondations soient définitivement du passé

L’inondation qui avait submergé ce village du Noyonnais a été vécue comme un cataclysme local. Huit mois après, une étude démarre pour que les habitants ne revivent plus jamais ça.

 Appilly, février 2020. Comme une vingtaine d’habitations, le seul commerce du village avait été encerclé par les eaux.
Appilly, février 2020. Comme une vingtaine d’habitations, le seul commerce du village avait été encerclé par les eaux. LP/Stéphanie Forestier

L'Entente Oise-Aisne est attendu comme le messie. Car les habitants d'Appilly, sauvés des eaux, attendent un miracle. Ce syndicat mixte compétent pour la prévention des inondations vient de lancer une étude pour trouver la solution qui permettra à ce village du Noyonnais de ne plus revivre l'inondation dévastatrice qui l'a submergé du 8 février au 23 mars dernier. Les conclusions sont attendues en février prochain.

« Il a fallu solliciter le préfet de région pour avancer aussi vite, observe la députée (LREM), Carole Bureau-Bonnard. J'ai plaidé le dossier pour que le sinistre soit classé en état de catastrophe naturelle, je continuerai à faire mon possible pour aider les habitants. »

Cette étude menée en interne est un gain de temps. Elle évite l'enclenchement de procédures à rallonge avec marché public, appel d'offres pour désigner un bureau extérieur, lancement de la mission, etc.

Déjà un début de réponse aux questions

Pour le syndicat, l'origine des inondations se dessine. La topographie des lieux est problématique. En hiver, si les crues ne sont pas très importantes, elles sont néanmoins fréquentes. Sans pente, l'eau stagne. « Par ailleurs, le ruissellement du bassin-versant du ru de Gandru, en amont, vient aggraver ce phénomène. Il y aura certainement des travaux à faire à Grandru et Mondescourt », estime-t-on à l'Entente Oise-Aisne.

Le dossier est épineux et le syndicat, mandaté par les préfectures de l'Oise et de l'Aisne, va devoir jouer le rôle d'arbitre. Les villageois mettent en cause un arrêté préfectoral pris dans l'Aisne en 2012, les condamnant à vivre sous les eaux en cas de crues.

« En fermant le siphon de Manicamp (Aisne) sur le canal latéral à l'Oise et en ouvrant les vannes de notre côté, nous sommes inondés, constate le maire (SE), Michel Léger. En 2011, on les avait fermées et nos maisons n'ont pas été inondées. Pour nous, c'est la preuve que la solution est là. Mais un arrêté a été pris l'année suivante pour nous en empêcher. »

«Une épée de Damoclès au-dessus de la tête»

Sauf que pour l'Entente Oise-Aisne, cette solution est inconcevable. « Le siphon ne fait plus vraiment débat. Fermer ces vannes est contraire à la loi sur l'eau car cela restreindrait le champ naturel d'expansion des crues. » « J'attends leurs conclusions, indique le maire, dépité. Mais quand la rivière sera en crue, on vivra encore avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête. »

En attendant, Appilly se reconstruit. Le commerce qui devait ouvrir mi-mars est désormais en activité. Les travaux dans les maisons peuvent enfin avancer. Les assurances avaient, en effet, préconiser un temps de séchage avant toute reconstruction. « Entre le confinement et les vacances, le village a mis du temps à émerger, commente un habitant. Mais il revit petit à petit. »