500 tests au Covid-19 : à Compiègne, la vie étudiante est (presque) suspendue

Après la découverte de dix cas positifs au coronavirus parmi les étudiants de l’Université de technologie de Compiègne (UTC), la semaine dernière, un dépistage massif était organisé ce mercredi. Les résultats sont attendus au plus tard lundi.

 Compiègne, ce mercredi. 500 étudiants avaient rendez-vous pour se faire tester.
Compiègne, ce mercredi. 500 étudiants avaient rendez-vous pour se faire tester.  LP/Stéphanie Forestier

Branle-bas de combat à l'Université de technologie de Compiègne (UTC), ce mercredi matin. Après la découverte de 10 cas positifs au Covid-19 et de 48 cas contacts sur un effectif total de 4000 jeunes, jeudi dernier, l'Agence régionale de santé (ARS) et la direction ont préféré ne prendre aucun risque. L'actualité de l'école centrale de Lyon (Rhône), où plus de 250 élèves se sont révélés positifs, a tendance à leur donner raison.

Ainsi, cinq cents étudiants étaient inscrits pour participer à un dépistage massif qui s'est tenu toute la journée au sein de l'établissement, pris en charge par le personnel du centre hospitalier Compiègne-Noyon, appelé en renfort. Chaque heure, ce sont en moyenne 80 élèves qui ont ainsi été testés.

« En attendant, on reste chacun dans notre chambre »

« J'ai été déclaré cas contact, explique l'un des étudiants. Comme je vis en colocation, on est tous allés se faire dépister. On espère être négatifs, soupire-t-il. En attendant, on reste chacun dans notre chambre. On travaille beaucoup la journée et on fait très attention quand on se croise. »

Les résultats seront analysés au centre hospitalier universitaire (CHU) d'Amiens (Somme). « Ils ont une plus grande capacité que les laboratoires indépendants déjà surchargés, indique-t-on à la direction de l'UTC. Nous avions besoin d'avoir les résultats au plus vite. Ils seront là lundi. »

LP/S.F.
LP/S.F.  

Une nouvelle étape dans l'épidémie qui ne devrait toutefois pas trop impacter la scolarité des futurs ingénieurs. Si le cluster devait empirer, les cours se feraient entièrement à distance, « comme pendant le confinement », ce qui est déjà le cas d'une partie d'entre eux.

« Nous avons distribué 400 tablettes à nos enseignants-chercheurs pour qu'ils puissent assurer une continuité pédagogique, note la direction de l'établissement. Ils sont rodés. L'UTC ne fermera pas, il y aura toujours du personnel administratif présent. »

« Tout ce qui peut entraîner un brassage d'étudiants est proscrit »

Les activités extrascolaires, en revanche… Depuis l'annonce du cluster utécéens, la vie associative étudiante a plus ou moins été stoppée net. « Tout ce qui peut entraîner un brassage d'étudiants est proscrit, ajoute la direction, qui évoquait la semaine dernière une exclusion de sept jours pour chaque débordement. Les activités sportives sont par exemple annulées jusqu'à nouvel ordre. »

Héloïse, 18 ans, voulait par exemple tester l'aviron. « Ce ne sera pas possible », déplore-t-elle. Xavier, 20 ans, membre du club de rugby, est dépité mais compréhensif. « On s'en doutait, mais on est quand même dégoûté, soupire-t-il. L'an passé, on avait des compétitions avec d'autres écoles, on ne sait pas si ce sera maintenu. Toutes les animations festives ont été annulées. »

LP/Stéphanie Forestier
LP/Stéphanie Forestier  

Ce week-end, plusieurs événements notables devaient se tenir comme l'UTCéenne, la privatisation du Parc Astérix samedi soir ou encore la course de Baignoires, dans l'Oise. « Il n'y aura rien, on ne prend pas de risques », confirme Baudouin de Bennetot, 22 ans, vice-président du Bureau des élèves (BDE), qui encadre 120 associations.

Et si les contacts entre étudiants sont plus que déconseillés, les interactions avec le monde extérieur sont également largement freinées. Vincent, 20 ans, bénévole à Compiègne en transition devait ainsi intervenir dans les lycées, auprès de classes de Terminale pour les sensibiliser à l'écologie.

« Pas des pestiférés »

« Je vais appeler les proviseurs pour savoir si c'est encore possible ou s'il faut décaler, explique le jeune homme. Je comprends la crainte, mais je ne veux pas non plus que les étudiants soient considérés comme des pestiférés. On respecte les autres au maximum. »

Des cours de soutien scolaire devaient également être prodigués aux jeunes du Clos-des-Roses, en octobre. Eux aussi sont en suspens. « Il n'y a pas encore de décision de prise, mais on réfléchit à un report, assure Oumar Ba, adjoint au maire. Le baromètre sera le taux de positivité quand on aura les résultats. »

Un groupe d'étudiants en visite dans… un Ehpad

Une prudence d'autant plus grande que certains événements ont déjà posé question. Ainsi, Tous Unis pour la Cité (TUC), une partie de l'intégration au cours de laquelle les élèves réalisent de bonnes actions au profit de Compiègne et de ses habitants, a eu lieu la semaine dernière, avant la découverte des cas positifs.

« Toutes les précautions avaient été prises : des groupes de moins de 10 étudiants, tous séparés d'un mètre, avec des masques et un nettoyage régulier des mains au gel hydroalcoolique », assure toutefois Baudouin de Bennetot.

LP/Stéphanie Forestier
LP/Stéphanie Forestier  

Cela dit, un groupe a néanmoins rendu visite à des personnes âgées, dans un établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) de Compiègne, la résidence Saint-Régis. Les familles, qui l'ont appris après coup, ont été quelque peu perturbées, à l'image de Monique, la fille d'un résident de 99 ans.

« On a déjà du mal à voir nos parents alors qu'ils se sentent très seuls. Et des étudiants, une population considérée comme à risques, va les visiter ? On trouve ça inquiétant », se désole-t-elle. L'Ehpad, qui n'a pas souhaité s'exprimer, a assuré à Monique qu'un protocole strict avait été appliqué. L'identité des jeunes aurait notamment été prise. Reste à attendre les résultats des tests.