L’ouragan Eta, très dangereux, frappe le Nicaragua et l’Amérique centrale

Il s’agit d’un des ouragans les plus puissants pour un mois de novembre depuis que les relevés existent.

 L’ouragan Eta, photographié lundi aux abords de l’Amérique centrale.
L’ouragan Eta, photographié lundi aux abords de l’Amérique centrale. Reuters

Des « vents catastrophiques, des inondations soudaines et des glissements de terrain ». Les prévisions du Centre américain des ouragans sont alarmistes alors que l'ouragan Eta aborde ce mardi l'Amérique centrale par la côte nord-est du Nicaragua.

Eta s'est renforcé lundi sur les eaux chaudes de la mer des Caraïbes, passant en catégorie 4 sur 5 sur l'échelle Saffir-Simpson. Ses vents moyens sur une minute sont de 240 km/h, soit à quelques km/h seulement de la catégorie 5. Et comme il s'agit d'une vitesse moyenne, les rafales sont encore plus puissantes.

De plus, Eta progresse lentement, à peine à 10 km/h, ce qui augure de cumuls de pluie catastrophiques. Certaines prévisions anticipent jusqu'à 1000 litres par mètre carré en quelques heures.

Eta est exceptionnel

Cette carte du NHC montre le parcours attendu d'Eta ces prochains jours. Après avoir frappé le Nicaragua, il devrait perdre en intensité en s'enfonçant dans les terres d'Amérique centrale. Rétrogradé d'abord en tempête tropicale, il ne devrait plus être qu'une dépression tropicale une fois au Honduras, au Salvador, au Guatemala et au Belize.

NHC
NHC  

Etienne Kapikian, de Météo France, donne quelques données qui montrent à quel point Eta est exceptionnel. Il rappelle qu'il est rarissime qu'un ouragan soit si puissant si tard dans la saison, qui dure officiellement du 1 er juin au 30 novembre. Seuls deux autres ouragans ont été plus puissants en novembre depuis que les relevés existent, en 1932 et en 1999.

Par ailleurs, la saison 2020 des ouragans dans l'Atlantique Nord est historique. Elle a égalé le record datant de 2005 concernant le nombre de phénomènes tropicaux (dépression, tempête et ouragans) à s'être formés, 28 en tout. Mais plus d'ouragans avaient pris forme il y a 15 ans : 15 contre 12 actuellement. Les eaux demeurent néanmoins assez chaudes, notamment dans la mer des Caraïbes avec encore près de 25°C, pour permettre la naissance de nouveaux phénomènes.

A l'approche d'Eta, outre le Nicaragua, Salvador et Honduras sont en état d'alerte, rapporte l'AFP. Les autorités nicaraguayennes ont intensifié les préparatifs de prévention sur la côte nord-est où vivent 100 000 personnes, majoritairement des indigènes et des populations d'origine africaine dispersés entre des petits villages.

« Les constructions des habitations sont très légères »

Les habitants des îlots Miskitos, au large de la côte caraïbe du nord du Nicaragua, ainsi que les indigènes vivant dans les zones côtières près de la frontière avec le Honduras, soit « plus de 3000 familles » au total, ont été évacués dimanche, a annoncé la vice-présidente nicaraguayenne Rosario Murillo. Les autorités ont également acheminé sur zone 88 tonnes de vivres ainsi que des équipes de la protection civile.

Cette image est une modélisation des vents causés par l’ouragan Eta, mardi matin, aux abords du Nicaragua. Windy
Cette image est une modélisation des vents causés par l’ouragan Eta, mardi matin, aux abords du Nicaragua. Windy  

Les autorités craignent des inondations côtières, avec des vagues de plus de deux mètres, ainsi que des dégâts causés aux habitations par le vent. « Les constructions des habitations sont très légères » dans cette région, s'inquiète le directeur du service de prévention des catastrophes Guillermo Gonzalez. Les habitants se sont précipités dans les banques et dans les magasins pour s'approvisionner en vivres, lampes et postes de radio.

Au Honduras, des pluies diluviennes ont déjà provoqué des crues dans la région et la côte est battue par les vagues. Le mauvais temps a contraint les autorités à fermer l'aéroport de La Ceiba. Le Salvador a passé en alerte orange les zones menacées par des glissements de terrain ou des inondations, ce qui implique l'évacuation des populations concernées. Les autorités du Guatemala craignent aussi l'impact des pluies associées au cyclone, qui peuvent provoquer des glissements de terrain, des inondations et des crues de rivière en raison de la saturation des sols en cette fin de saison tropicale.