«Avec ces aventures, je comble un petit manque» : infidèles et... heureux !

Pour certains, ce n’est qu’une parenthèse. Pour d’autres, c’est un mode de vie. Même en temps de Covid-19, les relations extra-conjugales ont la vie dure. Ces femmes et ces hommes nous expliquent pourquoi ils aiment tant aller voir ailleurs.

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Pour de nombreux Français, la vie amoureuse ne se déroule pas qu'avec leurs partenaires officiels.
Pour de nombreux Français, la vie amoureuse ne se déroule pas qu'avec leurs partenaires officiels. IP3/OLIVIER MARTY

« Je ne me marierai jamais. Parce que jurer fidélité, je sais que je n’en serai pas capable ». Alice le reconnaît dans un sourire timide, la promesse d’exclusivité n’est pas pour elle. La trentenaire vit depuis plusieurs années au côté de son compagnon, avec lequel elle assure être « heureuse, mais pas totalement épanouie sexuellement ». Alors depuis le début de leur relation, elle s’offre des « extras », des escapades loin du lit conjugal « sans regret ni mauvaise conscience ». Comme elle, un tiers des femmes en couple auraient déjà trompé leur conjoint. Chez les hommes, c’est la moitié.

Un phénomène presque banal. « Avec ma copine, on est dans une relation libre, c’est-à-dire qu’on peut aller voir ailleurs de temps en temps », explique Timothée. L’étudiant en droit juge la fidélité « un peu dépassée » parmi les gens de sa génération. « On a envie de connaître un maximum d’expériences, justifie-t-il. Mais j’aime bien aussi la relation qu’on est en train de créer. Si vraiment cela devient très sérieux, peut-être qu’on décidera de rester fidèles ».

Alice de son côté ne l’envisage pas, persuadée de trouver « un équilibre » grâce à ses aventures. Ses déplacements professionnels lui permettent de rencontrer des hommes sans éveiller les soupçons de son compagnon. « Avant le Covid, il y avait les bars où les clubs, maintenant cela se passe sur des applications de rencontre, explique cette cadre commerciale. Cela m’arrive quatre ou cinq fois dans l’année, presque toujours avec des hommes différents. Ce sont des relations sans lendemain, purement sexuelles et un peu plus pimentées qu’à la maison. Cela me rassure certainement de constater que je peux toujours séduire. J’ai toujours beaucoup aimé baiser. Donc avec ces aventures, je comble un petit manque. Mais ce sont des parenthèses. Quand je rentre, je suis d’ailleurs très excitée de retrouver mon mec… Mais qu’est-ce qui se passera le jour où on décidera d’avoir des enfants ? »

« Très vite, je suis allé voir ailleurs »

Patrick de son côté entretient une relation de longue date avec Emma. Le quinquagénaire, marié et père de trois enfants, jongle avec son emploi du temps pour retrouver sa maîtresse, de 15 ans sa cadette, dans son petit appartement. « J’ai toujours eu d’autres femmes dans ma vie, glisse l’employé dans un laboratoire médical. Je me suis marié très jeune, car c’était la norme dans mon milieu. Très vite, je suis allé voir ailleurs. On sortait entre copains et tout le monde draguait. Cela restait entre nous ». Avec Emma, il reconnaît qu’il y a « quelque chose en plus », mais pas franchement l’envie de faire basculer sa vie. « Elle voudrait que je quitte ma femme et qu’on fonde une famille, mais c’est inenvisageable pour moi, poursuit-il. Je sens qu’elle en a marre, je peux le comprendre. L’issue, je la connais… Mais même si on se quitte, je sais que j’aurai d’autres aventures ensuite. De toute façon, je n’ai plus d’activité sexuelle avec mon épouse… »

L’envie d’aller voir ailleurs, Sandra l’a toujours ressentie. Pendant plusieurs années, elle a entretenu des relations en marge de son couple. « J’avais une vie sexuelle épanouie, mais j’en voulais plus, détaille cette mère de famille du Sud-Ouest. Avec mes amants, j’allais dans des expériences un peu plus extrêmes ». C’est l’un d’eux qui lui parle du milieu libertin. Elle convainc son mari de l’accompagner. Depuis, ils participent régulièrement à des soirées à plusieurs couples. « Je préfère partager cela avec lui, sourit celle qui travaille dans l’Education nationale. J’en avais marre d’être sur mes gardes, d’avoir peur d’être reconnue. Ce que je cherchais, c’est du plaisir physique, pas l’adrénaline de l’interdit. Maintenant, c’est plus clair et plus simple ».

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Le mensonge et la double vie c’est bien ce qui a fait reculer Edgard. Il a à peine 30 ans quand débarque dans son agence d’architectes une très jolie stagiaire. « Il y a eu un pot au bureau, je l’ai raccompagnée chez elle, on s’est embrassé en bas de l’immeuble… et je suis monté », raconte-t-il un peu penaud. À l’époque, sa compagne est enceinte de leur premier enfant. « Je suis rentré chez moi hyper mal, plein de remords et aussi un peu content. Je n’imaginais pas que cela pouvait m’arriver si facilement. Mais je n’ai jamais recommencé. Je suis très heureux chez moi, c’était un truc débile, ma dernière connerie avant de devenir papa. Je considère maintenant cette histoire comme une faille spatio-temporelle. Même si ce ne serait pas très crédible si ma compagne l’apprenait… »

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Cette peur de se faire griller, Imad l’a toujours eue. Il a développé plein de techniques pour tromper la vigilance de son épouse. « Je prétexte un match de tennis avec un pote ou une galère au bureau, explique le trentenaire sans enfant. Et si je ne veux pas rentrer, je dis que j’ai trop bu et que je reste dormir chez des amis ». Il en profite pour entretenir des relations avec trois femmes dont deux qu’il fréquentait avant de se mettre en couple. « Ce sont mes sex-friends, justifie-t-il. C’est une vie parallèle que je n’ai pas envie d’abandonner. Cela n’a rien à voir avec ce que je vis avec ma compagne officielle. Si elle me pose des questions, je nierai toujours. Je ne veux pas lui faire de mal. Et si j’apprends qu’elle me trompe ? Je crois que je ne le supporterai pas… »

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