Vaccins contre le Covid-19 : la Corée du Nord suspectée d’avoir voulu pirater Pfizer

Des hackers nord-coréens ont cherché à pénétrer les systèmes informatiques du laboratoire américain pour trouver des informations sur le vaccin et les traitements contre le coronavirus.

Le leader nord-coréen s'exprimant devant le comité central du parti des Travailleurs (image non datée diffusée le 12 février par l'agence officielle KCNA).
Le leader nord-coréen s'exprimant devant le comité central du parti des Travailleurs (image non datée diffusée le 12 février par l'agence officielle KCNA). -

Officiellement, la Corée du Nord n’est pas touchée par le Covid-19, comme si la pandémie s’arrêtait à ses frontières avec la Russie, la Chine et son voisin du Sud qui, eux, n’y ont pas échappé. Cela n’a pas empêché les autorités de Pyongyang de formuler une demande de vaccins auprès des Nations Unies. Ni, apparemment, de chercher à percer les secrets du géant pharmaceutique américain Pfizer, premier labo au monde à avoir mis sur le marché un sérum contre le nouveau coronavirus.

Ce sont des médias sud-coréens qui le rapportent mardi, citant les services de renseignement sud-coréens. Et un élu de Séoul l’a confirmé à la presse locale. Le Service national du renseignement (NIS) « nous a informés de ce que la Corée du Nord avait tenté d’obtenir des technologies comprenant le vaccin et des traitements contre le Covid au moyen d’une cyberattaque pour pirater Pfizer », affirme Ha Tae-keung, député de centre droit très engagé sur la question des droits humains chez le voisin nord-coréen.

Des milliers de hackers très bien formés

L’accusation n’a rien de farfelue. Selon des experts occidentaux, la Corée du Nord dispose d’une armée de plusieurs milliers de pirates informatiques très bien formés. Ils se sont déjà attaqués, hors de leurs frontières, à des entreprises, des institutions et des centres de recherche, en particulier en Corée du Sud. Selon un rapport confidentiel de l’ONU publié il y a quelques jours, Pyongyang a aussi dérobé ces derniers mois plus de 300 M$ de cryptomonnaies via des attaques informatiques destinées à financer ses programmes nucléaire et balistique interdits.

Pyongyang a été le premier pays au monde à fermer ses frontières, fin janvier 2020, pour tenter de se protéger de la pandémie de coronavirus apparue en Chine en décembre 2019 et qui a depuis tué plus de deux millions de personnes sur la planète. La fermeture des frontières a accru la pression sur l’économie nord-coréenne, déjà soumise à des sanctions internationales en raison du programme nucléaire et balistique développé par le régime communiste.

Le leader nord-coréen Kim Jong Un affirme que le pays n’a connu aucun cas de contamination, hormis via des entrées illégales dans le pays. Des experts estiment cette affirmation peu vraisemblable, la Chine limitrophe étant le principal partenaire commercial et soutien de Pyongyang.

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Tout en affirmant être épargnée par le virus, la Corée du Nord a fait récemment une demande de vaccins contre le Covid-19, dont elle devrait recevoir près de deux millions de doses, selon l’Alliance du vaccin (Gavi), membre du programme onusien Covax qui coordonne la distribution de vaccins aux pays pauvres. Il s’agit de la première confirmation officielle que Pyongyang a demandé une aide internationale, alors que les infrastructures médicales nord-coréennes sont considérées comme totalement inadéquates pour faire face à une épidémie de grande ampleur.