Un navire turc en route vers la Libye arraisonné par une frégate allemande

Les Nations unies ont décrété un embargo sur les armes à destination de la Libye. La Turquie accuse les Européens de fermer les yeux sur d’autres livraisons d’armes.

 Des militaires allemands aux abords d’une frégate. (archives)
Des militaires allemands aux abords d’une frégate. (archives) Reuters/Ahmed Jadallah

Un navire cargo turc a été arraisonné dimanche, puis fouillé, par des militaires allemands opérant en Méditerranée. L'intervention s'est déroulée dans le cadre d'une mission européenne chargée de contrôler l'embargo sur les armes contre la Libye.

Selon l'agence de presse étatique turque Anadolu, une frégate allemande déployée dans le cadre de l'opération européenne Irini a stoppé, au large de la région grecque du Péloponnèse, ce bâtiment turc qui faisait route vers le port libyen de Misrata.

Des soldats armés sont descendus en rappel sur le navire depuis un hélicoptère, avant de prendre le contrôle de la salle des commandes, comme le montre ce montage vidéo d'un média pro-gouvernemental turc.

Les militaires allemands ont fouillé le bâtiment toute la nuit, mais n'ont trouvé que des biscuits et de la peinture, affirme Anadolu, selon qui le navire turc transportait du matériel humanitaire. Celui-ci a repris sa route lundi matin après le départ des militaires.

Un armateur turc sanctionné en septembre

L'incident risque de susciter la colère de la Turquie, qui soutient militairement le gouvernement reconnu en Libye et affirme que personne n'a le droit de fouiller ses navires sans son autorisation.

Lancée en avril, l'opération Irini vise à faire respecter l'embargo des Nations unies sur les armes acheminées en Libye par les soutiens des belligérants dans ce pays en guerre. La Turquie juge cette mission navale biaisée. Elle accuse les Européens de chercher à empêcher les livraisons d'armes au gouvernement libyen par voie maritime tout en passant sous silence celles destinées à l'homme fort de l'est libyen, Khalifa Haftar, par voies aérienne et terrestre.

Selon l'Union européenne (UE), Irini a permis de documenter les violations de l'embargo commises par la Turquie et la Russie, deux pays impliqués dans le conflit. L'UE a sanctionné en septembre un armateur turc coupable de violations de l'embargo par le gel de ses avoirs dans l'UE.

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En proie au chaos depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye est aujourd'hui déchirée entre deux camps rivaux : le gouvernement d'union (GNA), basé à Tripoli et reconnu par les Nations unies, et un pouvoir à l'Est incarné par le maréchal Haftar. Le GNA est soutenu par la Turquie, tandis que le camp Haftar est appuyé par les Emirats arabes unis, la Russie et l'Egypte.