Terrorisme : le leader d’Al Qaïda dans la Péninsule arabique arrêté au Yémen

L’arrestation de Khalid Batarfi, qui remonte à octobre 2020, a été rendue publique ce jeudi par un rapport de l’ONU.

Dans cette vidéo de 2015, Khalid Batarfi, dit Abou Miqdad el-Kindi, annonce la mort d’un précédent leader d’Al Qaïda dans la péninsule arabique.
Dans cette vidéo de 2015, Khalid Batarfi, dit Abou Miqdad el-Kindi, annonce la mort d’un précédent leader d’Al Qaïda dans la péninsule arabique. AFP

C'est un coup porté à la nébuleuse terroriste Al Qaïda. Son leader dans la Péninsule arabique (Aqpa), Khalid Batarfi, a été arrêté en octobre 2020 au Yémen, où ce groupe djihadiste considéré comme particulièrement dangereux par les Etats-Unis est bien implanté, indique un rapport de l'Organisation des Nations unies (ONU) rendu public jeudi.

Selon ce rapport adressé au Conseil de sécurité de l'ONU, Khalid Batarfi, dit Abou Miqdad el-Kindi, « a été arrêté en octobre au cours d'une opération à Gheïda (province de Mahra), qui a également entraîné le décès du commandant en second, Saad Atef el-Aoulaqi ». Le document ne précise pas par qui Batarfi a été capturé, ni ce qu'il est devenu.

Il s'agit de la première confirmation officielle de cette arrestation, évoquée en octobre dans des « informations non confirmées » par les enquêteurs du SITE Intelligence Group, selon lesquelles cette capture était le fait des forces de sécurité yéménites.

Batarfi, qui serait âgé d'une quarantaine d'années, a pris la tête d'Aqpa en février 2020 après la mort de l'ancien chef du groupe Qassem al-Rimi, tué dans une frappe aérienne américaine au Yémen. Créé en 2009, Aqpa est considéré par les Etats-Unis comme la branche la plus dangereuse du réseau djihadiste. Elle a profité du chaos entraîné par la guerre en cours depuis 2014 au Yémen entre rebelles et pouvoir pour renforcer son emprise dans le sud et le sud-est du pays. L'organisation a mené ces dernières années des attaques au Yémen tant contre les rebelles Houthis que contre les forces gouvernementales.

A l'origine de l'attentat contre Charlie Hebdo

Aqpa a aussi revendiqué des attaques aux Etats-Unis et en Europe, notamment celle du siège de l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, à Paris, en 2015, qui a fait 12 morts, et une fusillade qui a fait trois morts, en 2019, dans une base aéronavale américaine en Floride.

Depuis 2017, les Etats-Unis ont intensifié les attaques contre ce groupe. Selon des experts, le réseau a perdu aujourd'hui de son influence. « Outre les pertes occasionnées au sein de son commandement, Aqpa subit une érosion parmi ses rangs, du fait de dissensions et de désertions, menées principalement par un des anciens lieutenants de Batarfi », indique l'ONU. Le document met toutefois en garde contre « la menace constante » que continue à faire peser ce groupe djihadiste au Yémen.

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Le président américain Joe Biden a annoncé jeudi la fin du « soutien » et des « ventes d'armes » à la coalition militaire menée par l'Arabie saoudite au Yémen, qui mène depuis des années des opérations offensives contre les rebelles Houthis. Des dizaines de milliers de personnes, principalement des civils, ont été tuées et des millions d'autres ont été déplacées au cours de cette guerre qui a causé, selon l'ONU, la plus grave catastrophe humanitaire au monde.