Syrie : l’épouse d’un djihadiste français s’évade d’un camp

Souad Benalia, née en 1984 à Roanne, avait rejoint la Syrie en 2014 aux côtés du djihadiste Walid Othmani, qui serait mort en 2016.

 Souad Benalia s’est échappée de ce camp d’Al-Hol, situé au nord-est de la Syrie.
Souad Benalia s’est échappée de ce camp d’Al-Hol, situé au nord-est de la Syrie.  AFP/Delil SOULEIMAN

Le camp syrien d'Al-Hol, sous contrôle kurde, est en proie à de nombreux incidents sécuritaires et sanitaires. Cette fois, c'est l'épouse du djihadiste français Walid Othmani qui s'est évadée de ce camp situé dans le nord-est de la Syrie, indique vendredi le Centre d'analyse du terrorisme (CAT).

Souad Benalia, née en 1984 à Roanne (centre-est de la France), était partie au Levant en 2014. Elle est la mère de trois enfants, détaille Jean-Charles Brisard, directeur de ce think-tank spécialisé dans le djihadisme et basé à Paris, sans pouvoir préciser si elle était partie avec ou sans eux.

Elle disposait de photos du corps de son mari

Son mari, Walid Othmani, avait écopé en 2011 de cinq ans de prison, dont la moitié avec sursis, assorti d'une mise à l'épreuve durant deux ans. Il avait reconnu avoir rejoint un camp d'entraînement en Afghanistan durant l'hiver 2007-2008. Parti en Syrie en 2014 lui aussi, il aurait été tué en 2016 selon le CAT. « Son épouse disposait de photos de son corps », précise Jean-Charles Brisard.

En mai 2020, le CAT avait déjà fait état de l'évasion de treize Françaises détenues dans des camps sous contrôle kurde dont Hayat Boumeddiene, la compagne d'Amedy Coulibaly, l'un des auteurs des attentats de janvier 2015 en France. Le think-tank avait alors dénoncé « l'incapacité des autorités locales à garantir la détention des djihadistes étrangers, que ce soit dans les prisons ou dans les camps, dans lesquels se produisent régulièrement des mutineries et des tentatives d'évasion ».

Plusieurs autres organisations et personnalités politiques plaident pour le rapatriement en France des djihadistes détenus dans les camps kurdes et leurs familles, estimant qu'il appartient à la justice française de les juger.

Le camp d'Al-Hol, le plus grand de Syrie, accueille près de 62 000 personnes, dont plus de 80 % sont des femmes et des enfants. Il a connu en deux semaines 12 meurtres de déplacés syriens et irakiens, a rapporté l'ONU jeudi, tirant la sonnette d'alarme sur « un environnement sécuritaire de plus en plus intenable ». Il est le théâtre de multiples incidents, impliquant parfois des partisans du groupe djihadiste Etat islamique (EI), dont des tentatives d'évasion et des attaques contre des gardes ou des employés d'ONG.

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Depuis la chute du califat autoproclamé de l'EI en mars 2019, les autorités kurdes appellent elles aussi les pays concernés à rapatrier femmes et enfants. Mais la plupart des pays, notamment européens, rechignent à reprendre leurs citoyens. Certains, dont la France, ont rapatrié un nombre limité d'enfants orphelins de djihadistes.