Royaume-Uni : Boris Johnson muscle le budget de la défense

Le Premier ministre ambitionne de refaire de la Royal Navy la flotte la plus puissante en Europe et projette des investissements record, qui profiteront notamment aux technologies de pointe.

 Symbole de la Royal Navy, le porte-avions HMS Queen Elizabeth à quai à Portsmouth, son port d’attache.
Symbole de la Royal Navy, le porte-avions HMS Queen Elizabeth à quai à Portsmouth, son port d’attache.  AFP/Ben Stansall

Invoquant une situation internationale plus dangereuse que jamais depuis la guerre froide, Boris Johnson a annoncé jeudi le plus fort investissement dédié à la défense du Royaume-Uni depuis 30 ans. Le Premier ministre britannique prévoit ainsi une hausse des dépenses de 10 % par rapport au budget de la défense actuel.

Lors d'une visioconférence, le chef du gouvernement conservateur, contraint à l'isolement parce que cas contact, a annoncé aux députés 24,1 milliards de livres (27 Mds€) de dépenses supplémentaires, sur quatre ans, par rapport au budget de l'an dernier (38 milliards de livres, 42,5 Mds€).

Dans les quatre années à venir, le Royaume-Uni investira ainsi 190 milliards de livres dans la défense (212 Mds€), soit l'équivalent de 2,2 % de son PIB, « plus que tout autre pays européen », a-t-il affirmé, et « plus que tout autre allié au sein de l'Otan, hormis les Etats-Unis ».

Mettre fin à une «ère de repli »

« Notre sécurité nationale dans 20 ans dépend des décisions que nous prenons aujourd'hui », a justifié Boris Johnson, « la relance de nos forces armées est l'un des piliers de l'ambition du gouvernement de sauvegarder les intérêts et les valeurs du Royaume-Uni en renforçant notre influence mondiale et en renforçant notre capacité à nous joindre aux Etats-Unis et à nos autres alliés pour défendre des sociétés libres et ouvertes ».

« La situation internationale est plus périlleuse et intensément compétitive que jamais depuis la guerre froide », a-t-il poursuivi, soulignant l'occasion pour le pays de mettre fin à une « ère de repli » en la matière.

Le chef du gouvernement a égrené les technologies de pointe sur lesquelles travaille le Royaume-Uni : drones, cybersécurité, nouveau centre consacré à l'intelligence artificielle… Il a souligné que les projets concernant la marine britannique permettront de « rétablir la position du Royaume-Uni en tant que première puissance navale en Europe ».

Créer 10.000 emplois par an

Boris Johnson a également confirmé la création d'un nouveau commandement spatial pour envoyer dans l'espace des « satellites britanniques » et « notre première fusée, d'Ecosse, en 2022 ». L'ensemble de ces projets permettra de créer jusqu'à 10 000 emplois par an, selon lui.

Certains observateurs voient dans l'annonce de ce plan un message au futur gouvernement du président américain élu Joe Biden. De son côté, le chef de l'opposition travailliste, Keir Starmer, a approuvé cette augmentation des dépenses, mais a dénoncé l'absence de « stratégie » et de « clarté », notamment sur leur financement.

Ces annonces interviennent à un moment décisif pour le Royaume-Uni, l'issue des négociations avec l'Union européenne pour tenter de conclure un accord de libre-échange devant être connue dans les jours qui viennent, le tout en pleine pandémie liée au nouveau coronavirus.